10 Kislev 5781‎ | 26 novembre 2020

Décès du Rav Steinmann – Réaction du Rav Raphaël Sadin, Roch Kollel Elicha

« Je voudrais raconter deux histoires qui me paraissent représentatives de la personnalité du Gaon rav Aharon Yéhouda Leib Steinmann zatsal :

On raconte que, lorsqu’il était relativement jeune, après la Shoah, le rav a enseigné dans une yéchiva qui était très pauvre et n’avait pas pu le payer pendant plusieurs mois. Lorsque la yéchiva a finalement reçu une somme conséquente, la direction a voulu payer les arriérés dûs au rav Steinmann. Celui-ci a refusé, en affirmant qu’il n’avait pas besoin de tant d’argent. La seconde histoire se rapporte à une période bien plus proche de nous, lorsque le rav Steinmann était déjà âgé. Un jour, probablement à l’approche de Pourim, on lui a proposé des Ozné Aman. Il a répondu que, durant toute sa vie, il n’avait jamais fait « mézonot » sur autre chose que de la daïssa ! Ces deux histoires prouvent que le rav Steinmann vivait totalement coupé du Olam Hazé. Il avait du mépris pour l’argent, pour le kavod (les honneurs), et pour les plaisirs physiques. Il était entièrement plongé dans le monde de la Torah… J’ai eu l’occasion de le rencontrer plusieurs fois, et je dois dire qu’à chaque problème que je lui soumettais, il a toujours su anticiper la solution. Comme s’il était doté du Roua’h Hakodech, et je suis persuadé qu’il l’était. Le rav Steinmann était la formidable combinaison de génie et de simplicité (Gaonout bépachtout). Et cette combinaison permettait à la vérité de la Torah d’apparaître de manière limpide. Le rav Steinmann était dans l’essentiel. Il était génialement simple ou simplement génial. C’est une perte immense d’une envergure sans précédent. Je me sens orphelin. C’est notre lumière qui nous montrait la Voie, qui s’en va. On peut imaginer qu’il sera la première lumière de la ménora divine. Le Malbim cite la guémara qui dit que la « Mitat Tsadikim Mékhaperet », que la mort des Justes pardonne. Pourquoi ? Parce que, lorsque le Tsadik arrive devant Hachem après la mort, Hachem est tellement heureux de voir ce qu’un être humain, tel que le rav Steinmann, a réalisé durant sa vie, qu’Il passe du trône du Din à celui de la Ra’hamim, et Il pardonne alors, grâce à ce juste, à toute la génération ». »