8 Tammuz 5781‎ | 18 juin 2021

Ce ‘Hanoucca… pas de jaloux !

‘Hanoucca et jalousie ? Quel lien pourrons-nous trouver entre cette fête et ce mauvais sentiment ? A priori, tous les enfants recevront leurs cadeaux tant attendus, quelles ques soient les notes obtenues ou les bonnes actions accomplies… Néanmoins, tout va bien dans le meilleur des mondes tant que l’enfant ne dirige pas son regard vers les cadeaux de ses camarades… mais, dès lors qu’il s’intéresse à ce que les autres ont, et peu importe le cadeau qu’on lui ait offert, celui-ci pourrait lui paraître insuffisant et le rendre insatisfait.

Ce type de réactions vous semble familier ? Sans doute. A nous, parents, d’apprendre aux enfants à ne pas établir de comparaisons qui génèrent de la jalousie, voire même de la rivalité. Ne laissons pas de place à la jalousie dans nos familles, car elle a une force dévastatrice, tant sur le plan psychologique que spirituel.

Sarah ‘Hanna Radcliffe, psychologue américaine, nous explique que la jalousie émane d’une perception erronée. Les enfants – et d’ailleurs, les adultes aussi parfois – ont tendance à croire qu’ils doivent avoir ce dont ils ont envie. Par conséquent, lorsqu’ils ne réussissent pas à obtenir ce qu’ils veulent, et que leur ami, voisin… l’a obtenu, ils considèrent cela comme une injustice… Essayons de comprendre l’erreur d’une telle conclusion. Chaque être a une mission unique sur terre bien définie, qui lui est exclusive. Hachem envoie à chacun les « outils » dont il a besoin pour jouer son rôle dans ce monde ici-bas… Ces « outils » concernent absolument tous les domaines : performances, capacités physiques et intellectuelles, conditions financières, situation familiale… Tout est orchestré et programmé de Là-Haut avec exactitude, afin que nous soyons armés pour accomplir notre mission. Le pâtissier sera-t-il jaloux de la machine à coudre du tailleur ? Non, puisqu’il n’en aura aucune utilité. De même, si nous ne possédons pas telle capacité, telle richesse…, c’est pour la seule et unique raison qu’elle ne contribuera point à nous aider à accomplir notre tâche. Une fois que cet axiome est clair dans notre esprit et dans notre vécu, nous sommes aptes à le transmettre à nos enfants.

Concrètement, comment s’y prendre au quotidien ?

  1. N’accordez pas d’importance aux comparaisons émises par vos enfants. Exemple : votre fille vous fait remarquer que le morceau de gâteau de son frère est plus grand que le sien… ne vous mettez pas à mesurer les morceaux mais plutôt, expliquez-lui que la prochaine fois, ce sera sûrement elle qui recevra la plus grande part…
  2. Veillez à apprécier chaque enfant pour ce qu’il est, comme il est. Mettez en relief ses qualités sans établir de comparaisons entre frères et sœurs. Ne dites pas : « Pourquoi tu n’es pas aussi travailleur/calme/ordonné que ta sœur/ton copain… ?
  3. Lorsque vous faites un compliment individuel à un enfant, adressez-vous à son frère ou à sa sœur lorsque la situation s’y prête. Exemple : vous voulez féliciter votre petit David de deux ans qui a construit une belle pyramide, profitez-en pour accorder votre attention à votre fille de 10 ans qui est à ses côtés : « Sarah, tu as vu la belle pyramide de David ? » En vous adressant à Sarah, vous lui accordez de l’importance, puisque vous partagez vos impressions avec elle… Quant au compliment, elle ne risque pas de l’envier puisqu’elle a passé l’âge de la pyramide. Ainsi, vous lui aurez fait plaisir en la considérant comme une « grande » !

Les cousins ou les voisins ont reçu des cadeaux de « gros calibre », ce ‘Hanoucca… n’en faisons pas cas… Pour que vos enfants soient heureux, ouvrez-leur les yeux… apprenez-leur à se satisfaire de ce qu’on leur a offert !

 

Yokheved Levy