8 Tammuz 5781‎ | 18 juin 2021

Victoire plus large que prévue des amis de Joël Mergui

Le scrutin consistorial du 26 novembre a surpris par le score sans appel des treize candidats soutenant la majorité sortante. Douze d’entre eux ont été élus, contre un seul sur neuf du côté des opposants.

 

Sans doute tétanisés, les partisans de David Revcolevschi n’ont réagi que vingt-quatre heures après le scrutin à la nette victoire de la tendance « Osons le judaïsme ! » lors du vote du 26 novembre, dont l’objet était le renouvellement de la moitié des administrateurs du Consistoire de Paris. Ils ont indiqué qu’ils créaient une structure de planification et de réflexion afin d’anticiper les besoins futurs de la communauté… et de prendre date pour l’avenir.

Parmi les treize candidats soutenant le président Joël Mergui, douze ont été élus, dont certains haut la main. Le prix d’excellence revient au sortant Jack-Yves Bohbot, président de la synagogue de la rue Notre-Dame-de-Nazareth (3e arrondissement), avec deux mille quatre-vingt-quinze voix, suivi de près par David Amar, sortant lui aussi et responsable de la communauté du 16e (rue Saint-Didier). Il a recueilli sur son nom deux mille quatre-vingt-cinq suffrages. C’est la meilleure performance globale des partisans de Joël Mergui depuis que celui-ci a pris les rênes de l’institution, en 2006.

Du côté des opposants, seul le chef de file de la mouvance « Notre Consistoire demain », David Revcolevschi, l’a emporté avec mille six cent quarante-six voix, sur les neuf qui se présentaient.

Les trois candidats indépendants ont été battus.

L’équipe consistoriale en place aurait certes préféré une participation plus forte. Néanmoins, ceux qui ont décrété, au lendemain de l’échéance, qu’elle était trop faible pour être significative, ont largement surréagi. En effet, trois mille sept cent treize électrices et électeurs se sont rendus dans l’un des quarante-neuf bureaux de vote installés dans des lieux de culte répartis sur l’ensemble de l’Ile-de-France. En 2013, ils étaient environ cinq mille. Mais cette diminution s’explique à la fois par l’alya d’un grand nombre de participants potentiels et par l’absence d’enjeu véritable : chacun était persuadé que la majorité actuelle serait reconduite. Ce que personne n’avait imaginé, en revanche, c’est l’ampleur de la victoire. Les observateurs s’attendaient à ce que trois ou quatre militants de « Notre Consistoire demain », et non un seul, soient élus. Rappelons enfin que ce genre de scrutin associatif est toujours caractérisé en France par une faible participation. Parler de « démobilisation générale », comme certains l’ont fait, ne correspond pas à la réalité.
On a beaucoup voté dans les grandes synagogues de l’ouest parisien : dans le 16e (trois cent dix bulletins dans l’urne), à Boulogne ou encore Neuilly-sur-Seine. La lanterne rouge revient à la petite communauté d’Athis-Mons, dans l’Essonne, avec… douze bulletins.

La consultation s’est déroulée sans incident majeur, malgré quelques suspicions et dénonciations sans preuves habituelles en pareil cas.

Axel Gantz