14 Kislev 5781‎ | 30 novembre 2020

Les objectifs opposés de l’Iran et de l’Arabie Saoudite au Liban

Alors que l’Iran transforme chaque jour davantage le Liban en une province militaire aux portes d’Israël, le « coup de gueule » de l’Arabie Saoudite a maladroitement dénoncé cette ingérence… sans réussir à remodeler la complexe équation politique libanaise.

 

L’objectif initial du pouvoir saoudien reposait sur le fait que la démission-surprise à ses fonctions du Premier ministre sunnite libanais Harari, allait inciter une bonne partie de la classe politique du Pays du Cèdre à s’opposer enfin de front à l’influent Hezbollah chiite pro-iranien, en obtenant son désarmement et en mettant un terme à son ample noyautage de l’armée libanaise.

C’est que, confrontée aux ambitions hégémoniques de l’Iran mises en œuvre dans la région par son axe Téhéran-Bagdad-Damas-Beyrouth-Gaza, la monarchie pétrolière espérait que la décision spectaculaire d’Hariri et sa condamnation tranchante de la mainmise perse sur son pays et sur une partie du Moyen-Orient, allaient aider à renouveler l’équation politique du Liban dans un sens plus proche de ses intérêts. Or, c’est bien le contraire qui s’est passé…

A cause, sans doute, de l’amateurisme et de l’impulsivité de la nouvelle tête de son exécutif, en l’occurrence le jeune prince héritier et ministre de la Défense, Mohammed ben Salman (MBA), à l’origine de cette initiative, l’Arabie Saoudite, qui voulait marquer des points décisifs contre Téhéran, s’est retrouvée prise au piège de sa « diplomatie boomerang » !

En effet, alors que depuis une bonne décennie, ils subissent plus ou moins passivement la forte ingérence militaire et idéologique de l’Iran et du Hezbollah chiite au cœur de leur vie politique et publique, la plupart des Libanais ont été outrés par cette manœuvre saoudienne, perçue comme un diktat doublé d’une sorte de rapt à peine voilé d’Hariri. Si bien que ce dernier, jusque-là un politicien sans grande popularité, est soudain devenu le héros de la rue libanaise, surtout à Beyrouth et ses environs brusquement recouverts d’immenses placards publicitaires de soutien à leur chef de gouvernement « retenu à Riyad ».

Car à part certains inconditionnels pro-saoudiens prêts à en découdre coûte que coûte contre le Hezbollah, la communauté sunnite a préféré se solidariser avec son Premier ministre, même démissionnaire ! Ce qui constitua une autre erreur des dirigeants saoudiens, qui avaient largement sous-estimé le patriotisme des sunnites libanais…

Alors que les Saoudiens et les Iraniens rassemblent leurs coalitions respectives, il est encore trop tôt pour prévoir qui sortira vainqueur de ce énième round Téhéran-Riyad sur la scène régionale. En attendant, il est probable que l’Iran essaiera d’entraîner Israël dans cette affaire en lâchant la bride au Hezbollah. C’est que Téhéran veut compléter sa « ceinture chiite » allant de l’Iran au Liban en passant par l’Irak (où il contrôle le gouvernement de Bagdad et l’armée) et la Syrie, où l’alliance passée avec les Russes pour soutenir le régime Assad fonctionne à plein.

Richard Darmon

 

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