29 Kislev 5778‎ | 17 décembre 2017

Dvar Torah – L’union dans la diversité

La lecture de la Torah nous a conduits d’Avraham en passant par Its’hak jusqu’à Yaacov. Voici qu’à présent Yaacov sort de Béer-Shéva et se rend à ‘Haran, sur l’ordre de son père et de sa mère, pour y fonder une famille. La lecture de Vayétsé va décrire la naissance de tout le peuple d’Israël, à l’exception de Binyamin qui naîtra plus tard. Cependant, le dernier passouk de la paracha précédente (Toldot) ne doit pas passer inaperçu. Il nous raconte qu’en voulant une fois de plus imiter Yaacov, Essav se rend chez Ichmaël afin d’y trouver une épouse. En effet, ses parents avaient exprimé leur volonté de ne pas voir Yaacov s’unir à une fille de Kenaan. Essav va donc s’unir à Ishmaël.

Le Midrach en tire la conclusion qui nous touche de près aujourd’hui : lorsque se formera une alliance entre Essav – l’Occident – et Ichmael – l’Orient – ce sera le signe que les enfants d’Israël vont croître ; que s’accomplira enfin la prophétie : « Tu seras un grand peuple ».

Ceci est donc une nouvelle de bon augure.

Alors plutôt que de nous angoisser à propos d’une coalition entre l’Orient et l’Occident contre Israël, entraînant peut-être même le revirement des alliés traditionnels d’Israël vers une tendance plus orientée avec Ichmaël, réjouissons-nous de l’accomplissement imminent de cette prophétie du Midrach.

Cela n’annoncerait-il pas tout simplement une prodigieuse croissance du peuple juif, qui nous mènerait très rapidement vers une reconstruction totale tant souhaitée par la Torah ?

Il ne s’agit évidemment pas de croître simplement numériquement. La Torah annonce la naissance des Chévatim – les « tribus d’Israël », qui représentent une variété de sensibilités, toutes autour de la Torah. Yaacov, le patriarche qui incarne cette valeur, sera le géniteur de ces Chévatim. Il pensait au départ fonder cette dynastie avec celle qu’il a immédiatement aimée, Ra’hel. On pourrait considérer qu’il s’est fait berner, qu’on l’a trompé en lui donnant Léa comme épouse. Mais voilà qu’à la naissance de Yéhouda, le quatrième fils que lui donnera cette dernière, elle « remerciera » Hachem. Nos maîtres nous signifient qu’à ce moment, Yaacov a réalisé et accepté que cette famille, qui sera la sienne, doit être composée de cette diversité qui lui donnera sa dimension. Il y aura plusieurs mères, toutes aussi valeureuses et importantes.

On constate la pluralité qui compose le peuple d’Israël, ces hommes et femmes venus de tous horizons, constituant un universalisme par juifs interposés, dans lequel tous les points du cercle se situent à distance égale du centre qu’est la Torah.

Cette conception du peule d’Israël est celle de la fin des temps, quand des juifs venus de toute part, chacun avec ses traditions, ses sensibilités, se retrouveront autour de leur « père », leur patriarche Yaacov qui incarne les valeurs de la Torah.

Ni Essav ni Ichmaël ne pourront alors lui résister. Ils ne pourront que réaliser leur erreur. Cet optimisme se doit d’être tempéré par une recrudescence de quête identitaire qui nous animera au quotidien, afin que s’accomplisse cet heureux présage.

 

Rav Yaacov Sitruk

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