3 Kislev 5778‎ | 21 novembre 2017

Quelques mots sur la Paracha – Une mère et une épouse

Une mère et une épouse

 

37 années

 

« La vie de Sarah “fut” [vayihyou] de cent vingt-sept ans » (Béréchit 23, 1). Le mot vayihyou – exprimant l’existence de Sarah sur terre – a une valeur numérique de 37. En effet, c’est seulement pendant ce nombre d’années que Sarah a véritablement « vécu ». C’est à l’âge de quatre-vingt-dix ans qu’elle a eu le bonheur de serrer Its’hak dans ses bras, et depuis lors, elle a véritablement « vécu » pendant 37 ans…

 

Ce qu’est une femme pour son mari

 

« Avraham vint pour prononcer des paroles funèbres sur Sarah et pour la pleurer » (23, 2). Est-ce donc seulement Avraham qui a pleuré la mort de Sarah ? Où étaient donc tous les disciples qu’elle a formés durant sa vie ? Et surtout, qu’en était-il d’Its’hak, son fils prodigue ? N’a-t-il pas participé également aux derniers devoirs rendus à sa mère ?

En vérité, cette omission vient confirmer ce qu’enseignent nos Sages : « Un homme ne meurt qu’envers sa femme, et une femme ne meurt qu’envers son mari » (Sanhédrin 22/b) – c’est-à-dire que la douleur la plus vive du décès d’une personne est ressentie par son conjoint. On peut encore lire dans cet ordre d’idée : « Rabbi Yo’hanan enseigne : Pour un homme dont la première femme décède, c’est comme si le Temple était détruit de son vivant… Rabbi Alexandri disait : Pour un homme dont la femme décède de son vivant, c’est comme si le monde était plongé dans les ténèbres… » (ibid.).

 

Derrière tout grand homme…

 

« Il partit, avec tout le bien de son maître dans sa main » (24, 10). En se rendant à Aram Naharayim pour chercher une épouse pour Its’hak, Eliézer emporta donc « tout le bien » d’Abraham. Est-ce à dire qu’il a transporté avec lui toutes les richesses du patriarche ? Certainement pas ! En vérité, c’est dans sa propre mission que résidait tout ce « bien ». En effet, Eliézer s’en allait en quête d’une épouse pour le fils de son maître : son choix serait donc déterminant pour toute l’existence de celui-ci. Si la femme qu’il lui trouverait était digne de la maison d’Avraham et qu’elle suivait l’exemple laissé par Sarah, Its’hak pourrait poursuivre l’œuvre de ses parents et s’élever dans leur voie. Mais dans le cas contraire, sa vocation et ses ambitions risquaient fort d’être réduites à néant. C’est pourquoi la Torah souligne qu’en se rendant à ‘Haran, Eliézer emporta avec lui « tout le bien de son maître » – son sort et son avenir…

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