12 Tishri 5782‎ | 18 septembre 2021

Casherout : des panonceaux du Beth Din de Paris pour les synagogues

Comme les commerçants ou restaurateurs, les lieux de culte qui le souhaitent seront désormais labellisés par le Consistoire, qui certifiera ainsi leur surveillance alimentaire constante par le tribunal rabbinique de la capitale. Explications.

 

Le 22 octobre s’est tenue une conférence du rav Michel Gugenheim, grand rabbin de Paris, sur l’organisation de la casherout du Beth Din qu’il préside à la synagogue Brith Shalom de la rue Saint-Lazare (9ème arrondissement).

Dans la foulée, une cérémonie a marqué le coup d’envoi d’une campagne originale qui s’inscrit dans le cadre des efforts de communication entrepris depuis près d’un an par le Consistoire pour valoriser son label alimentaire, et fidéliser les clients actuels ou potentiels. L’initiative en question consiste à attribuer à chaque lieu de culte qui en ferait la demande, un panonceau ressemblant à celui dont bénéficient les commerçants et restaurateurs distribuant des produits estampillés par le Beth Din. Ce panonceau sera renouvelé régulièrement. Y seront inscrits le nom et le numéro de téléphone du « référent », autrement dit du rabbin, du ministre-officiant ou de toute personne agréée par la communauté concernée pour veiller en permanence sur la casherout de la choule. Le rav Gugenheim rappelle à ce sujet que les espaces de prière accueillent de nombreuses manifestations, cérémonies… ou simples collations tout au long de l’année. Une grande quantité de nourriture et de vins y est consommée. « C’est pourquoi, précise-t-il à Haguesher, nous avons adressé aux synagogues que nous fédérons, avant Souccot, un courrier leur suggérant de signer une charte de bonnes pratiques, promettant de servir uniquement de l’alimentation certifiée par nos soins ».

Vingt-six ont déjà répondu et leurs représentants ont reçu le fameux panonceau, le 22 octobre, des mains du rav Gugenheim et du directeur de la casherout au sein de l’institution cultuelle, le rav Elie Elkiess.

Le but de l’opération est double : donner une visibilité plus forte au label du Beth Din de Paris et inciter les choules à fonctionner exclusivement avec des mets et boissons du circuit consistorial. « Cette émulation n’est pas forcément cantonnée aux synagogues que nous regroupons, ajoute le grand rabbin. Si des lieux de culte indépendants souhaitent adhérer à la charte et recevoir le panonceau, je m’en féliciterais ! »

Le projet a été porté par le directeur des programmes du Consistoire, Albert Myara, avec la commission chargée des communautés locales présidée par Jacques-Hubert Gahnassia et dont la cheville ouvrière est le rav Haï Bellahsen. Sam Attia, président de Brith Shalom, a appelé des administrateurs de synagogues pour qu’ils jouent le jeu.

Le rav Gugenheim participe depuis quelques mois à la campagne de valorisation de la casherout consistoriale. Il juge que ses résultats sont encore mitigés, ou plutôt « discordants ». Globalement, il constate néanmoins que le Beth Din est de plus en plus incontournable dans l’esprit des clients et commerçants. Exemple négatif mais édifiant : une nouvelle épicerie casher se présentant comme « la plus grande » de la capitale, aurait apposé sur chaque produit une étiquette indiquant que celui-ci serait « sur la liste du Consistoire ». Cette étiquette n’a aucune valeur officielle et parfois, il s’agirait de publicité mensongère car certains aliments, « selon des témoins dignes de foi, précise le grand rabbin, ne sont nullement estampillés par le tribunal rabbinique » dont il a la charge. Mais cela démontre que la direction du magasin attache de l’importance au label, jugeant qu’il fait vendre. « C’est encourageant », commente notre interlocuteur, même s’il déplore évidemment que les informations délivrées ici soient erronées.