15 Kislev 5781‎ | 1 décembre 2020

L’accord Fatah-Hamas va accélérer la libanisation de la Bande de Gaza

Après plus d’une décennie de guerre intestine, les deux branches du mouvement national palestinien ont signé, le 12 octobre, au Caire, par l’entremise de la diplomatie égyptienne, un « pacte d’unité » qui devrait permettre à l’Autorité palestinienne de Mahmoud Abbas de prendre le contrôle civil – et non militaire… – de la Bande à partir du 1er décembre prochain.

 

Le véritable « tournant » de cette 13e tentative, en onze ans, de réconciliation Fatah-Hamas tient au double fait que le Hamas avait renoncé à ces préconditions (levée préalable des sanctions financières et énergétiques de l’AP contre son administration de Gaza et libération de ses activistes toujours détenus à Ramallah et Jéricho) en acceptant surtout – fait inédit jusque-là – de confier le gouvernement civil de la Bande à l’AP qui devra gérer l’enclave à partir du début décembre, y compris en contrôlant le fameux point de passage de Rafiah jouxtant le Sinaï égyptien et en déployant à Gaza quelque 3 000 de ses propres policiers.

 « Les deux parties sont tombées d’accord pour permettre au prochain gouvernement palestinien d’Union nationale mené par l’AP d’exercer pleinement ses responsabilités dans l’administration des affaires de Gaza, comme elle le fait déjà sur la rive-est du Jourdain », a précisé un communiqué officiel égyptien publié dans les médias de l’AP en notant que c’étaient Azzam al-Ahmad, le chef de la délégation du Fatah, et Salah al-Arouri, le N°2 officiel du Hamas, qui ont paraphé cet accord prévoyant aussi que le président de l’AP, Mahmoud Abbas, se rendra à Gaza « dans moins d’un mois ».

 

Une apparente « capitulation » du Hamas…

 

Outre les fortes pressions exercées par la diplomatie égyptienne sur le Hamas pour arriver à ce compromis, il semble à première vue que, de plus en plus isolé, confronté à de sérieux risques d’explosion sociale à Gaza mais aussi à un soutien très affaibli du Qatar, le mouvement islamiste intégriste aurait donc fini par accepter le retour « civil » de l’AP dans la Bande… Mais plusieurs autres éléments montrent qu’il s’agit d’une fausse capitulation du Hamas !

D’abord parce qu’il conserve intacte, sans nulle intention de les dissoudre, sa branche armée Azzédine el Kessam, surarmée par l’Iran, soit plus de 25 000 hommes. Et ensuite parce qu’il s’avère que ce revirement du Hamas, qui n’est que tactique, va lui laisser un laps de temps suffisant pour concrétiser son très stratégique rapprochement financier et logistique avec Téhéran entamé voilà quelques mois et qui lui permettra de se réorganiser et d’encore plus se réarmer… Avec en vue à moyen terme – à l’occasion d’un éventuel nouveau putsch dument préparé – une possible reprise totale de pouvoir contre le Fatah à Gaza même… et surtout en Judée-Samarie.

Même si le Hamas a démenti d’avoir accepté d’être désormais relégué à un rôle semblable à celui du Hezbollah libanais, c’est bien lui qui restera maître de la situation militaire à Gaza, tout en tirant les ficelles des futures intrigues et imbroglios politiques internes à l’AP et à son futur « gouvernement d’union » voué à l’échec…

Fait significatif aussitôt relevé par l’establishment sécuritaire israélien qui en dit long sur les intentions bellicistes inchangées du Hamas et sur les hauts risques d’une prochaine « libanisation » de la Bande de Gaza puis de la Judée-Samarie : Salah al-Arouri, le cosignataire précité de cet accord du Caire , n’est autre que le cerveau de l’enlèvement puis du meurtre, fin juin 2014 dans le Goush-Etsion près de Jérusalem, des trois jeunes étudiants de yéchiva, Gilad Shaer, Eyal Ifra’h et Naftali Fraenkel, un épisode sanglant qui déclencha quelques semaines après, l’Opération de Tsahal Bordure Protectrice à Gaza.

 

Les 5 clauses « secrètes » de l’accord Fatah-Hamas

 

-1) Les détails logistiques et militaires de la prise de contrôle administrative de l’AP à Gaza ne seront finalisés que ces prochaines semaines.

-2) C’est un comité mis en place par l’AP qui règlera la crise du paiement des fonctionnaires Hamas de Gaza en collectant des impôts et en versant leurs salaires (jusque-là quasiment suspendus) jusqu’au 1er février 2018.

-3) Le contrôle des points frontaliers (au nord et à l’est avec Israël, et au sud avec l’Egypte) incombera à l’AP dès ce 1er novembre.

-4) Les chefs sécuritaires de l’AP se rendront bientôt à Gaza pour discuter avec les chefs du Hamas des moyens et mécanismes à mettre en place par les deux parties. Un point épineux puisque le président Abbas a demandé que la Branche militaire du mouvement islamiste intégriste soit désarmée, ce que le leadership du Hamas refuse…

-5) Une nouvelle rencontre est prévue début décembre au Caire pour évaluer l’application de l’accord du 12 octobre. Puis, toutes les factions palestiniennes qui avaient déjà signé « l’accord de réconciliation » de 2011, se retrouveront dans la capitale égyptienne pour en discuter les clauses centrales prévoyant la tenue d’élections générales palestiniennes « dans les douze mois », la réforme de l’OLP et d’autres points importants non encore résolus – dont le maintien des divergences de fond OLP/Hamas, le mouvement islamiste refusant toujours de renoncer à l’établissement d’une Palestine allant du Jourdain à la mer…

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