29 Kislev 5778‎ | 17 décembre 2017

Deux poids, deux mesures…

Une fois Yom Kippour passé, une fois l’émotion de cette période de jugements achevée, l’individu est bien souvent enclin à tourner aussi vite la page. Une fâcheuse tendance qui, malheureusement, recèle également une bonne part d’hypocrisie…

 

Dans le cadre des lois du commerce, la Torah énonce : « Tu n’auras pas dans ta poche deux poids, un grand et un petit ; tu n’auras pas dans ta maison deux [mesures] d’éfa, une grande et une petite : tu posséderas un [seul] poids entier et juste ! » (Dévarim 25, 14). Selon le Divré Chlomo, ces prescriptions sont également une allusion aux dix Jours de pénitence.

De fait, pendant cette période, on a généralement tendance à faire brusquement volte-face : on se montre plus scrupuleux dans l’accomplissement des mitsvot, on redouble de vigilance pour ne pas proférer de médisance, et l’on tente de paraître – spirituellement parlant – sous notre meilleur jour. Or, il ne faut pas plus de quelques jours pour que cet engouement s’estompe et finisse par disparaître aussi vite qu’il était venu…

C’est donc à cet égard que la Torah prescrit : « Tu n’auras pas dans ta poche… » – c’est-à-dire pour ton usage personnel – « …deux poids, un grand et un petit » – à savoir une unité de mesure bien épaisse, que l’on utilise durant toute l’année, et une seconde, bien plus modeste, que l’on garde pour les « grandes occasions » et avec laquelle toute notre échelle de valeur est revue à la hausse. Dans le même esprit, un homme peut adopter deux attitudes bien distinctes, l’une chez soi avec sa famille la plus proche, et une seconde avec ses connaissances et le « monde extérieur ». C’est à ce sujet que la Torah insiste encore : « Tu n’auras pas dans ta maison deux [mesures] d’éfa, une grande et une petite » !

Quelle est donc la voie à suivre ? « Tu posséderas une [seule] pierre entière » – la Torah nous enjoint à être égal à nous-mêmes en toute circonstance, et ne pas faire de distinction entre qui nous sommes durant toute l’année et ce que nous voulons paraître être pendant la période de Pénitence. Si nous suivons cette ligne de conduite, cette pierre sera marquée par le sceau de la « justice », et nous pourrons ainsi véritablement faire valoir nos mérites, car ceux-ci seront une part intégrante de notre personnalité…

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