6 Kislev 5778‎ | 24 novembre 2017

Washington hausse le ton à l’ONU contre l’alliance Iran-Hamas-Hezbollah

La représentante américaine à l’ONU, Nikki Haley, a déclaré que « l’Iran a montré son vrai visage en rétablissant ses liens avec les extrémistes palestiniens du Hamas, (…) alors que Téhéran et le Hezbollah rapprochent leurs forces de la frontière-nord d’Israël ».

 

« L’Iran doit décider s’il veut être membre de la communauté des nations – alors que celle-ci attend de voir Téhéran enfin assumer ses obligations internationales – ou bien si il veut être le leader du mouvement terroriste djihadiste. Cela ne peut aller ensemble ! », a déclaré Haley le 31 août dernier dans un communiqué qui a aussi qualifié d’« étonnante » la récente affirmation d’Ismaïl Haniyeh, le chef du Hamas de Gaza, annonçant que l’Iran est à nouveau son « plus grand fournisseur en budgets et en armes ». Et ce, après la fin de la rupture initiée en 2014 entre Téhéran et Gaza quand le Hamas (d’obédience sunnite) avait refusé de soutenir le régime du dictateur Bachar Assad en Syrie aux côtés du Hezbollah chiite.

Il faut dire que le 2 août dernier, s’était tenue à Beyrouth une importante rencontre entre le chef militaire du Hamas, Salah al-Arouwi, et de hauts officiers iraniens, dont le général Qassem Soleimani, commandant en chef des forces iraniennes dans tout l’ouest Moyen-Orient et chef de la Brigade Al Qods des Gardiens de la Révolution Islamique supervisant les réseaux iraniens de renseignements, de subversion et de terrorisme. Et ce, notamment après l’accord donné par Hassan Nasrallah, le N°1 du Hezbollah, qui avait affirmé que « les leaders palestiniens de Gaza étaient dignes de l’aide militaire et financière de Téhéran ».

Lors de cette entrevue, le même Soleimani devait assigner au Hamas ses prochains objectifs militaires contre Israël ainsi que les moyens militaires nécessaires à leur accomplissement, suite à quoi des réunions plus techniques se sont tenues à Téhéran avec des délégués du Hamas. Ce sont en fait les cérémonies d’intronisation du second mandat présidentiel de Hassan Rouhani qui, le 5 août dernier, ont fait passer ces rencontres au second plan…

 

Un simple « coup d’épée dans l’eau » pour Israël ?

 

Intervenant après la rencontre assez infructueuse du 23 août dernier à Sotchi entre Nétanyaou et Poutine, cette mise en garde de Nikki Haley à la tribune de l’ONU – pour positive qu’elle soit vis-à-vis d’Israël – risque cependant de rester lettre-morte sur le terrain puisque le Pentagone et la Maison-Blanche – dont le président Trump en personne – semblent tous avoir déjà arrêté une politique de compromis avec Moscou et de « non-intervention » dans le dossier syrien… Ce que l’on a pu constater la semaine dernière quand, avec l’accord explicite de Poutine, des forces iraniennes et du Hezbollah ont commencé à prendre position – sous protection russe – dans la ville de Quneitra située sur le Golan syrien à 3 kms à peine de la frontière israélienne : signe explicite que Washington a désormais renoncé à sa précédente demande que les forces iraniennes et du Hezbollah ne soient déployées qu’à une distance d’une cinquantaine de kms de cette frontière !

Autre « lot de consolation » pour Israël de la part de Haley : ce même 31 août, elle devait critiquer les casques bleus de la Finul (la force de paix de l’ONU au Liban) en les accusant d’être trop laxistes avec le Hezbollah : « La Finul ne fait pas son travail de manière efficace, a-t-elle dit, pour empêcher les livraisons massives d’armes au Hezbollah, le plus souvent par des trafics alimentés par l’Iran. (…) Etre ainsi aveugle – comme le commandant de la Finul, le général Michael Beary –, ce n’est pas prévenir la guerre, mais la préparer ! La Finul doit être plus active, notamment en collaborant avec les forces armées libanaises pour arrêter ces violations ou au moins les dénoncer ! (…)  D’autant que le Hezbollah est une organisation terroriste très déstabilisante pour la région et qui menace ouvertement Israël ».

Suite à quoi le Conseil de Sécurité de l’ONU devait adopter le même jour une Résolution plus ferme définissant avec plus de précision le mandat de la Finul et dénonçant les multiples violations de la loi internationale par le Hezbollah dans cette région (notamment la Résolution1701 mettant fin à la 2e Guerre du Liban de l’été 2006). Ce que le représentant israélien à l’ONU, Dany Danon, a qualifié un peu pompeusement de « victoire pour Israël »

Il n’empêche : l’Iran poursuit sans encombre sa stratégie de prise en tenailles d’Israël au nord avec le Hezbollah et ses propres forces d’Al-Qods, ainsi qu’au sud avec le Hamas réarmé…

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