17 Kislev 5780‎ | 15 décembre 2019

Les grands moments de l’aventure de l’Exodus

  •  Début juillet 1947, l’Aliya Beth achemine dans le plus grand secret vers le port de Sète à bord de 172 camions des milliers de candidats de toute l’Europe à l’émigration clandestine vers Erets Israël. 4 554 passagers embarqueront dans ce qui deviendra l’Exodus, dont 1 700 femmes (parmi elles 400 sont enceintes), et 1 672 enfants.

 

  • Le 11 juillet 1947, après avoir attendu en vain un remorqueur pour désensabler son navire prévu pour transporter seulement 400 personnes, le commandant Yossi Harel et le capitaine Ike Aaronovitz  décident de partir et quittent Sète dans la nuit. Destination officielle : la Colombie, mais en réalité, le bateau met le cap vers la Palestine mandataire.

 

  • Le 16 juillet, rebaptisé  en mer Exodus 47 en référence à la sortie biblique des Hébreux d’Egypte menée par Moïse, le navire hisse le drapeau bleu et blanc.

 

  • Le 17 juillet à 22h, un message en anglais et en français est diffusé par les haut-parleurs du bateau : « Ici la voix de la Résistance juive à bord de l’Exodus 47 en route vers la Terre promise. Sur ce navire de la Haganah, il y a 1 600 hommes, 1 282 femmes, 1 017 jeunes gens et 655 enfants. La flotte britannique a repéré notre navire : nous sommes encerclés par 6 bâtiments de guerre à 100 kms des côtes de notre pays. (…) Rien n’empêchera le courant de l’immigration de progresser, rien n’empêchera ces Juifs sans patrie de monter en Israël ! ».

 

  • Le 18 juillet, l’Exodus est arraisonné au large de Haïfa par la marine britannique. Un assaut violent qui fait 3 morts (dont un membre de l’équipage) et près de 150 blessés parmi les passagers. Arrivés sur les quais de Haïfa, tous – sauf les blessés graves – sont transférés sans nul ménagement dans trois bateaux-cages qui reprennent aussitôt la mer, escortés de près par des destroyers anglais, en direction de Toulon puis de Port-de-Bouc (Bouches-du-Rhône).

 

  • Du 29 juillet au 20 août, les passagers – dont de nombreux enfants orphelins – des 3 bateaux-cages refusent de débarquer en France pour devenir citoyens français ; beaucoup résistent en faisant une longue grève de la faim. Des banderoles se dressent dans ces bateaux : « Angleterre, souviens-toi : le peuple juif ne se laissera pas abattre ! », « Rendez-nous notre terre de Palestine, notre seul espoir ! ».

 

  • Le 21 août, le Royaume-Uni lance un ultimatum en leur imposant soit de débarquer en France, soit d’être renvoyés en Allemagne. C’est ce dernier choix qui sera adopté le lendemain par Londres.

 

  • Le 22 août, face à ce refus héroïque des passagers, Londres fait donc partir les 3 prisons flottantes jusqu’au port de Hambourg, en Allemagne, où ils accostent début septembre dans la zone d’occupation britannique. Tous ces rescapés de la Shoah sont alors encore une fois parqués dans des camps de personnes déplacées. Devant la dureté de cette répression anglaise, l’émotion est intense dans le monde entier : l’opinion publique mondiale crie au scandale et se mobilise en faveur de leur cause. Lorsque les passagers de l’Exodus arrivent enfin sur la Terre promise, l’Etat d’Israël a déjà vu le jour depuis plusieurs mois. Richard Darmon