3 Kislev 5778‎ | 21 novembre 2017

Pollution à Haïfa : l’enquête qui dérange

Les habitants de Haïfa risquent-ils davantage d’attraper le cancer ? Pour comprendre l’actualité de cette question, il faut remonter trois ans en arrière.  En août 2014, un rapport du Comité de Santé publique de la Knesset attire l’attention du gouvernement sur les risques que font courir aux habitants de Haïfa et sa région les rejets des usines pétrochimiques de la zone industrielle.  Suite à quoi, le ministre de la Santé décide d’enquêter et parvient en avril 2015 à des conclusions assez alarmantes : 15% des cancers dépistés dans la région de Haïfa résultent directement de la pollution atmosphérique. Aussitôt alertés,  pour placer l’Etat devant ses responsabilités, les écologistes et la municipalité de Haïfa exigent que le ministère de l’Environnement enquête à son tour. Pendant un an, travailleurs sociaux, médecins, analystes de l’air, épidémiologistes et statisticiens commencent à collecter des informations. En août 2016, ils sont à peine au milieu de leur enquête que le gouvernement, par le biais du Comité scientifique, leur fait savoir que « les modèles et méthodes de recherche utilisés ne permettront pas d’établir avec certitude un lien entre la qualité de l’air et la morbidité supposée dans la zone. » A la Santé et à l’Environnement, cette déclaration est reçue comme une gifle : on met leur savoir-faire en doute !  Ils comprennent alors que les résultats de leurs investigations pourraient déranger nombre de responsables. Et qu’on les « invite » à modérer leurs conclusions. Le dimanche 25 juin les ministres de la Santé et de l’Environnement viennent d’annoncer dans un communiqué conjoint la fin de leurs travaux sur le rapport entre la qualité de l’air à Haïfa et ses conséquences sur la population. De son côté, le maire de Haïfa, paraphrasant le Comité scientifique, lui demande innocemment de lui fournir d’urgence de nouveaux modèles et de nouvelles méthodes de recherche. A l’évidence, l’affaire ne fait que commencer.

 

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