3 Kislev 5778‎ | 21 novembre 2017

« Choisir l’école juive » passe à la vitesse supérieure

Des dons américains permettent à l’association fondée en 2013 par Elodie Marciano de voir plus grand en vue d’inscrire un maximum d’enfants dans les établissements communautaires. Elle dispose désormais d’un local, inauguré le 26 juin. Reportage.

« Choisir l’école juive » : l’association fondée il y a quatre ans par Elodie Marciano, une commerciale dans le domaine du numérique passionnée par la cause des enfants, connaît un nouvel essor. Elle bénéficie de moyens accrus pour remplir la mission qu’elle s’est fixée : sauver les nechamot du plus grand nombre possible de jeunes en incitant leurs parents à les inscrire dans un établissement communautaire. Ces moyens supplémentaires proviennent de bienfaiteurs américains orthodoxes, déterminés à défendre cette cause et désireux de combattre l’assimilation en France. Cela s’est traduit, ces derniers mois, par la mise en place d’un plan de communication ambitieux et l’embauche (à plein temps) d’une « Community Manager », chargée de diffuser les messages de l’association et de ses partenaires par voie digitale, sur les réseaux sociaux en particulier. Par ailleurs, Elodie Marciano a inauguré le 26 juin un local flambant neuf dans le 11e arrondissement de Paris, dans les mêmes bureaux que le Centre national de pédagogie juive (CNPJ) ouvert en septembre 2016 par la rabbanit et professeure Claudine Lévy. Rappelons que le CNPJ est une plate-forme d’échanges et de formation permanente destinée aux enseignants.

« Choisir l’école juive » part d’un constat : deux tiers des mineurs de notre communauté sont scolarisés dans des structures laïques ou (de plus en plus) dans le circuit privé catholique, présent partout sur le territoire, doté d’une image d’excellence, de sécurité… et jugé financièrement abordable. Ce n’est guère étonnant, hélas, dans un pays où un mariage sur deux dont l’un des conjoints est de confession juive est une union mixte. Il faut donc se battre et convaincre. Il y a urgence dans le contexte actuel où l’antisémitisme à l’école d’une part, et la baisse du niveau scolaire d’autre part se banalisent.

Elodie Marciano a profité de l’inauguration pour rappeler devant une trentaine d’invités que les freins à l’entrée en école juive restaient puissants : entraves psychologiques avec des préjugés tenaces – en matière de qualité, de prix, d’accueil pour les foyers peu pratiquants…– contraintes géographiques et matérielles. Beaucoup de familles potentiellement concernées ne disposent d’aucun établissement communautaire près de chez elles. Et 18 % des Juifs hexagonaux vivraient en-dessous du seuil de pauvreté. Sans oublier les conséquences souvent dramatiques du déclassement social et des divorces. Dans ces conditions, l’école juive représente une charge qui en fait reculer plus d’un. C’est pourquoi l’association octroie des bourses et soutient activement la création de circuits de ramassage scolaire pour faciliter les trajets.

Grâce à ces mesures concrètes, aux clips numériques et à toutes sortes d’outils de communication innovants élaborés avec l’aide d’Elodie Marciano (soutenue dès 2013 par le FSJU), les réseaux scolaires de notre communauté ont enregistré des résultats certes insuffisants mais tangibles : l’association se félicite d’avoir « extrait » au total sept cents enfants du public ou de l’enseignement catholique. L’objectif est d’en conduire deux mille autres, au moins, sur ce chemin nécessaire à l’horizon 2020.
Un salon, une journée portes ouvertes sont d’ores et déjà programmés pour 2018, en collaboration avec les nombreux amis et parrains de « Choisir l’école juive » : rabbanim, responsables d’établissements, institutions sociales… Toutes les formes d’encouragement seront les bienvenues.

Axel Gantz

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