1 Tammuz 5777‎ | 25 juin 2017

Dérapages antisémites en série des candidats frontistes

L’association des Juifs du FN le reconnaît elle-même : le complotisme fascisant est si répandu dans le parti que les rares exclusions prononcées par la direction sont un écran de fumée. Les préjugés et la haine ont gangrené la campagne.

Le Front national lave moins blanc qu’on ne le pense. La direction du parti d’extrême droite n’a cessé de proclamer, pendant la campagne, qu’elle désavouerait ses candidats professant ouvertement des idées fascisantes, racistes et/ou antisémites. Elle a même procédé à quelques exclusions.

Cependant, l’Union des patriotes français juifs (UPFJ) a répertorié peu avant le premier tour une série de dérapages non sanctionnés et de personnalités nauséabondes se présentant sous l’étiquette FN au scrutin des 11 et 18 juin. Cette Union regroupe nos coreligionnaires militants frontistes. Elle est marginale mais sa position est éclairante.

Ainsi, l’UPFJ a remarqué que dans les Alpes-Maritimes, Philippe Vardon s’est déclaré fièrement « national-socialiste » dans une interview au quotidien Nice-Matin. Personne ne s’en est plaint au siège du Front, à Nanterre. Dans le Tarn-et-Garonne, Romain Lopez, attaché parlementaire de Marion Maréchal-Le Pen, a été investi dans la deuxième circonscription. Signe particulier souligné par l’UPFJ : cet admirateur du polémiste néo-nazi Alain Soral « déverse depuis des années sa haine des Juifs de manière publique sur les réseaux sociaux ». Dresser l’inventaire « de tous les affreux désignés par le FN serait trop long mais une chose est sûre, selon l’association : l’un des principaux responsables de cette situation se nomme Nicolas Bay, qui s’en accommode parfaitement ».

Elle va plus loin et lance une accusation grave : « Le très apparatchik secrétaire général soutient, en interne, les soraliens qui seront bientôt majoritaires au sein des instances du parti (s’ils ne le sont pas déjà). Si heureusement tous les identitaires ne sont pas antisémites, ils sont pourtant de plus en plus nombreux à se rapprocher des thèses d’Egalité et Réconciliation (le site Internet d’Alain Soral, qui totalise mensuellement environ sept millions de pages vues – NDLR). A l’instar de Romain Lopez, beaucoup passent d’une dénonciation sans concession de l’islamisme à une stratégie pro-islam, parfois radicale, contre les Juifs ». L’UPFJ dénonce aussi les « méthodes et purges staliniennes » de Nicolas Bay.

De fait, les dérapages se sont multipliés avant le 11 juin : différents médias ont relevé, par exemple, les « partages » numériques des textes d’Emmanuel Ratier, auteur antisémite notoire, opérés par Anne-Laure Maleyre, candidate FN dans les Hauts-de-Seine. Dans le même département, Liliane Pradier a diffusé la fable complotiste selon laquelle le Mossad serait « responsable » de la défaite de Marine Le Pen à la présidentielle. Alexandre Gaborit, dans le Val-de-Marne, arborait une page Facebook intitulée « Quenelle d’or » en référence au geste antijuif du propagandiste Dieudonné. Aymeric Durox, dans une circonscription voisine, a relayé la rumeur selon laquelle le milliardaire et philanthrope juif américain George Soros serait à l’origine de « l’islamisation » de la France…

Axel Gantz

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