30 Tishri 5778‎ | 20 octobre 2017

Dénicher un emploi en Israël avant votre alya, c’est possible !

Les nouveaux immigrants espèrent désormais trouver un travail avant même d’avoir atterri à Ben Gourion. Le directeur de l’Agence juive pour la France, Daniel Benhaïm, dit banco. Les initiatives en ce sens se multiplient. Revue de détail.

« Pendant quatre à cinq ans, l’alya française était massive et en quelque sorte naturelle : l’antisémitisme et l’insécurité galopante ont poussé des milliers de familles à rejoindre Israël de façon quasi-spontanée. Mais la situation a changé : désormais, les candidats au départ réfléchissent davantage à leur avenir. Ils sont plus méfiants et plus exigeants, notamment sur le plan professionnel. Nous avons décidé de nous adapter à cette nouvelle donne ». Dixit Daniel Benhaïm, directeur de l’Agence juive pour l’Hexagone.

Concrètement, l’accent est mis sur l’emploi. Traditionnellement, les olim recherchaient un travail après leur arrivée en Eretz. Or, une petite révolution est en cours : la Sokhnout souhaite aider ses « clients » à dénicher un job correspondant à leurs attentes, autant que possible, depuis la France.

Le Salon de l’emploi en Israël, qui se déroulera le dimanche 18 juin à l’Espace Charenton (de 11 heures à 18 heures), dans le 12e arrondissement de Paris, ne ressemblera pas aux précédents. Les quelque cinq cents visiteurs prévus pourront certes obtenir toutes sortes de renseignements, en naviguant entre les stands (une trentaine), sur les démarches administratives à retenir ou encore la question récurrente de la reconnaissance des diplômes. Mais la nouveauté est ailleurs : pour la première fois, une vingtaine de représentants d’entreprises de secteurs variés –informatique, tourisme, industrie paramédicale… – seront munis d’offres précises pour des postes à pourvoir dans les semaines suivantes. Le Salon est donc surtout recommandé aux olim en partance, « les valises déjà faites », selon l’expression de Daniel Benhaïm.

En avril dernier, une expérience du même type a eu lieu dans un cadre différent. Quatre-vingts médecins ont rencontré à Paris les deux responsables clés en matière d’équivalences permettant aux professionnels de santé formés à l’étranger d’exercer dans l’Etat juif : le premier occupe cette fonction stratégique au gouvernement, le second au sein du Conseil de l’ordre israélien. D’habitude, ils ne se déplacent pas et reçoivent leurs interlocuteurs dans leurs bureaux de Jérusalem. Cette fois, ils ont aidé les Français à remplir leurs dossiers… en France, afin qu’ils puissent ouvrir un cabinet dès leur arrivée dans le pays de leurs rêves. Un ‘hidouch appréciable ! Autre initiative dans le même sens : l’Agence juive a organisé les 23 et 24 mai un voyage d’étude pour une trentaine de généralistes et spécialistes à Beer Sheva, en collaboration avec la municipalité et l’Association des médecins israélites de France (AMIF). Ils ont rencontré la plupart des intervenants concernés, ceux qu’ils côtoieront au cours de leur future vie professionnelle dans la capitale du Néguev, métropole en pleine expansion qui souhaite attirer des olim qualifiés. Une porte d’entrée, ici encore, dans le monde du travail israélien avant même d’avoir traversé la Méditerranée.

C’est dans ce contexte plus exigeant et, à terme, plus performant qu’aura lieu le 20 juin à partir de 18 heures 30, à la synagogue parisienne de la rue Notre-Dame-de-Nazareth (3e arrondissement), la traditionnelle cérémonie des olim. Elle se déroule chaque année depuis 2006, sous la houlette du Consistoire. Voulue par le président Joël Mergui, elle a pour vocation de démontrer que si l’alya relève d’un choix personnel, elle s’inscrit dans un mouvement de fond que la communauté dans son ensemble doit « assumer et accompagner ». En tout cas, c’est ainsi que Joël Mergui a présenté les choses il y a onze ans. Environ cinq cents Juifs sur le départ sont attendus, parmi les quelque deux mille olim de ce pays s’apprêtant à sauter le pas entre juillet et septembre. Symboliquement, le numéro un du Consistoire remettra à Aliza Bin-Noun, ambassadrice d’Israël, un parchemin où seront inscrits les noms des nouveaux immigrants de la saison écoulée. Une manière de transmettre le flambeau et de souligner le lien qui demeure entre ceux qui restent et ceux qui partent.

Axel Gantz

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