16 Av 5779‎ | 17 août 2019

Pas de transfert de l’ambassade US à Jérusalem, pour l’instant

La décision de Donald Trump de signer jeudi 1er juin dernier l’ordonnance présidentielle empêchant la mise en application de la loi de 1995 votée par le Congrès et prévoyant le transfert de l’ambassade des Etats-unis de Tel Aviv à Jérusalem, n’a guère surpris à Jérusalem. En effet du côté israélien, on s’était fait une raison et l’on avait parfaitement compris que si le président américain avait voulu transférer l’ambassade US, il l’aurait solennellement annoncé les 22 ou 23 mai lors de son passage dans la capitale israélienne, passage qui on le sait coïncidait avec les festivités du Jubilé de la réunification de la capitale ! Pourtant, jeudi dernier, à la présidence du Conseil à Jérusalem on a tout de même voulu marquer le coup en exprimant une forme de déception après que Donald Trump n’ait pas tenu sa promesse électorale. Et ce d’autant plus que quelques heures plus tard, le turbulent locataire de la Maison Blanche n’hésitait pas à concrétiser une autre promesse électorale tout aussi controversée que la première : celle de faire sortir les Etats-Unis des accords de Paris sur le réchauffement climatique…Finalement le président Trump s’est donc rangé aux avis des leaders arabes modérés tels que le roi Abdallah de Jordanie et le président égyptien A-Sissi qui redoutaient qu’une annonce de transfert de l’ambassade américaine ne provoque un embrasement à Jérusalem et en Judée-Samarie. Et, en dépit de ses démentis formels et de ses déclarations selon lesquelles le transfert de l’ambassade contribuerait à la paix, il n’est pas impossible que Binyamin Nétanyaou ait lui-même sous-entendu au président Trump qu’il serait préférable de surseoir à la mise en application de cette décision, en raison par exemple du Ramadan qui traditionnellement fait grimper la tension. Du côté américain, on a tenté de rassurer la droite nationaliste israélienne en affirmant que la question n’était pas de savoir si l’ambassade allait être transférée mais plutôt de savoir quand elle le serait. Dans l’entourage du président et de son proche conseiller Jason Greenblatt, on est persuadé que le transfert de l’ambassade entraverait sérieusement les chances de relancer le dialogue israélo-palestinien. Désormais, on devra attendre le 1er janvier 2018 pour vérifier si le report est ponctuel ou bien si Trump s’est aligné sur les positions de tous ses prédécesseurs. Et ce pour une raison non négligeable : parmi les dizaines de millions d’Américains qui ont voté Trump le 9 novembre dernier, des millions d’Evangélistes lui ont fait confiance et l’ont cru lorsqu’il avait annoncé le transfert de l’ambassade au cœur de la ville sainte. Cet électorat exigeant peut croire Trump lorsqu’il lui détaille les dangers causés par la concrétisation de cette décision. Mais si le report devait devenir pour Trump la même mauvaise habitude que pour ses prédécesseurs, les Evangélistes pourraient alors monter au créneau et se détacher du président. Affaire, donc, à suivre. Daniel Haïk