29 Kislev 5778‎ | 17 décembre 2017

Des brochures pour mieux comprendre les dinim

La réunion des rabbins consistoriaux d’Ile-de-France, le 10 mai, a permis au grand rabbin Michel Gugenheim de promouvoir un projet pédagogique venu d’Israël sous forme de textes explicatifs facilitant la connaissance des règles du judaïsme et de leurs sources.

C’est le rabbin Mikaël Journo, rav de la synagogue Chasseloup-Laubat située dans le 15e, qui a obtenu du premier magistrat de cet arrondissement parisien, Philippe Goujon (Les Républicains), l’octroi d’une magnifique salle de réception dans les locaux de la mairie pour tenir la réunion plénière du Beth Hamidrach au nom du regretté grand rabbin David Messas zatsal. Une structure créée par l’ancien grand rabbin de la capitale et à laquelle le Consistoire a donné son nom après son décès, fin 2011.

Son successeur, le grand rabbin Michel Gugenheim, a voulu conférer un caractère à la fois solennel et original à la rencontre, qui s’est déroulée dans la soirée du 10 mai. D’abord, les rabbins consistoriaux d’Ile-de-France – le Beth Hamidrach est en quelque sorte leur organe fédérateur – étaient quasiment tous présents. « Je n’ai jamais vu autant de rabbanim rassemblés au même endroit ! », s’est exclamé le président du Consistoire, Joël Mergui, visiblement ravi d’être là.

Par ailleurs, les épouses étaient conviées ce qui n’était pas arrivé depuis l’époque où le rav Yossef Haïm Sitruk zatsal dirigeait le rabbinat français. Au total, une centaine de personnes ont participé à l’événement. Elles ont pu échanger, mieux se connaître… et entendre évidemment le rav Gugenheim.

Celui-ci a délivré un chiour centré sur la période du omer et un dvar ‘hizouk, sous l’intitulé « vitalité et défi », sur la collectivité dont il a la charge. « Chacun, dans le corps spirituel qui est le nôtre comme dans toute communauté, doit apporter ce qu’il possède de meilleur en lui », a-t-il dit. Mais quid des défauts des uns ou des autres ? « Il faut les laisser de côté, a répondu le grand rabbin à Haguesher. Je vous rappelle que les maîtres du Moussar nous enseignent qu’il est extrêmement grave d’ignorer quels sont nos propres manques. Mais il est encore plus grave, expliquent-ils, de ne pas avoir conscience de nos qualités personnelles. Cette lucidité est le gage de la réussite de tous ».

L’orateur a également évoqué les progrès accomplis par le Beth Din de Paris et le Consistoire dans les domaines de la che’hita, de la ‘hevra kadicha, etc. Clou de la soirée : la présentation inédite dans l’Hexagone d’un projet pédagogique, nommé « Tsourba merabbanan », déjà réalisé en Israël et qui concerne là-bas une dizaine de milliers d’adeptes.

Il s’agit de faciliter le travail des rabbins lors des chiourim et conférences. Ce sont des brochures proposées au public, invité à les lire tout en écoutant le rav s’exprimer sur tel ou tel sujet halakhique. L’objectif est surtout de permettre à chacun de mieux comprendre la signification profonde des dinim et ainsi de s’imprégner plus aisément de la Loi juive. Les commandements sont décortiqués depuis les textes originels jusqu’aux commentaires des sages contemporains, avec une conclusion claire et accessible. Pendant que le rav explique, détaille et synthétise les réflexions des guedolim, le kahal suit le cheminement intellectuel toranique conduisant au din en question, grâce à la brochure mise à sa disposition. Certaines sont destinées aux hommes, d’autres aux femmes selon les points de droit étudiés. Une démarche « strictement orthodoxe », selon le rav Gugenheim. Elle émane notamment du rav Bentsion Elgahzi, roch yéchiva de la mouvance Shas à Ramat Gan. Ce dernier est venu d’Israël pour assister à la soirée avec deux promoteurs du projet pour la diaspora : le président des services religieux de l’Organisation sioniste mondiale (OSM), le rav Ye’hiel Wasserman, et Gaël Grunewald, qui préside le département de l’implantation juive et qui est le fils du rabbin Jacquot Grunewald, fondateur de Tribune Juive.

Le rav Chlomo Amar chlita, grand rabbin de Jérusalem et Richon Letsion, a donné sa bénédiction à « Tsourba merabbanan » dans une vidéo projetée à l’intention des participants. Il les a incités à tester les brochures dans leurs synagogues respectives.

Axel Gantz

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