29 Iyyar 5777‎ | 25 mai 2017

Faisons l’homme !

Dans l’un des vers du chant Bar Yo’haï, on peut lire ces mots extrêmement forts : « “Faisons l’homme !” a été dit à ton sujet. » Autrement dit, au moment où D.ieu décida de créer l’être humain et qu’Il proclama aux anges : « Faisons l’homme ! » (Béréchit 1, 26), c’est à Rabbi Chimon Bar Yo’haï qu’Il pensait…Pour comprendre le sens de ce vers, l’Admour de Michkoltz nous invite à lire ce passage talmudique : « Pendant deux ans et demi, l’école de Chamaï et celle d’Hillel se sont opposées sur une question : les uns affirmaient qu’il aurait été préférable que l’homme ne fût pas créé, plutôt que d’être venu à la vie ; et les autres soutenaient qu’il était préférable que l’homme fût créé plutôt qu’il ne l’eût pas été. Ils comptèrent et arrivèrent finalement à la conclusion : Il aurait été préférable que l’homme ne fût pas créé » (Erouvin 13/b). Le Maharcha (dans son commentaire sur Makot 23/a) explique cette dernière expression : « Ils “comptèrent” et arrivèrent à la conclusion… » de la manière suivante. Pour mettre fin au débat, Bet Chamaïet Bet Hillel convinrent de « compter » le nombre des mitsvot de la Torah, et la manière dont elles se départagent. Au terme de ce calcul, ils réalisèrent que parmi les six cent treize commandements, il y a trois cent soixante-cinq interdictions, et « seulement » deux cent quarante-huit injonctions que nous devons réaliser activement. Compte tenu de ces proportions, il s’avère que l’homme est plus exposé à commettre des infractions qu’à accomplir des commandements, et que selon toute probabilité, il risque fort d’enfreindre la volonté divine. C’est la raison pour laquelle, au terme de ce calcul, ces deux écoles arrivèrent à la conclusion qu’il aurait été préférable pour l’homme de ne pas avoir été créé. Cependant, le Talmud (Souka 45/b) rapporte cette sentence au nom de Rabbi Chimon Bar Yo’haï : « Je peux dispenser le monde entier du jugement dernier ! » C’est-à-dire que ce Sage était capable de faire innocenter le monde entier de toutes les fautes commises, tant son mérite était grand. Dès lors, il s’avère que la génération de Rabbi Chimon Bar Yo’haï méritait d’exister en tout état de cause, puisque les fautes n’y étaient pas comptées. Lorsque D.ieu fut amené à décider si, oui ou non, Il devait créer l’être humain, le calcul de Bet Chamaï et de Bet Hillel pencha évidemment en défaveur de cette création : à quoi bon donner le jour à un être qui risque fortement d’enfreindre la volonté de son Créateur ? Pourtant, D.ieu déclara malgré tout : « Faisons l’homme ! » S’Il a pris cette décision – nous apprend ce chant de Lag BaOmer– c’est précisément à l’égard de Rabbi Chimon Bar Yo’haï, dont le mérite justifia l’existence de toute sa génération…

Chlomo Messica

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