3 Kislev 5778‎ | 21 novembre 2017

Hommage à la « résistance » des Juifs de Seine-Saint-Denis

Quarante-quatre lieux de culte en activité : malgré un environnement difficile, le judaïsme est toujours viva    nt dans le « 93 ». C’était le message principal diffusé lors du dîner annuel du CCJ-93. Reportage.

 

Un peu plus de deux cents personnes ont participé le 20 mars au dîner annuel du Conseil des communautés juives de Seine-Saint-Denis (CCJ-93), qui s’est tenu à l’Espace Lumière d’Epinay-sur-Seine. Pari gagnant pour le président du Conseil, Sammy Ghozlan, responsable par ailleurs du Bureau national de vigilance contre l’antisémitisme (BNVCA). Au demeurant, la haine antijuive est bien le premier sujet de préoccupation des Juifs de ce département. Dans certaines villes, 80 % des membres de la communauté sont partis au cours des quinze dernières années, du fait de l’insécurité et des tensions ethniques croissantes. Mais si la soirée a marqué positivement les esprits, c’est parce qu’elle a illustré la forte « résistance » enregistrée ici, selon l’expression du président du Consistoire. Joël Mergui a en effet insisté, dans son allocution, sur la pérennité de la vie juive dans cette région difficile, sur le dévouement des rabbanim et de tous ceux qui permettent aux quarante-quatre lieux de culte et quatorze écoles juives du « 93 » de fonctionner encore. Plusieurs établissements restent des références pédagogiques, comme l’a souligné Sammy Ghozlan : les collèges-lycées Chné Or d’Aubervilliers ou de l’Alliance à Pavillons-sous-Bois obtiennent des résultats exceptionnels au bac, parmi les meilleurs d’Ile-de-France.

Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié (FSJU), s’est félicité de son côté qu’aucune manifestation n’ait été annulée pour motif sécuritaire dans le département durant les poussées de fièvre consécutives à la deuxième Intifada ou à la guerre de 2014 contre le Hamas, notant que les événements cultuels et culturels juifs s’y enchaînent toujours… Il a aussi rappelé que le judaïsme s’était implanté ici avant même l’arrivée des séfarades du Maghreb, au début des années soixante. « J’y ai des souvenirs personnels, a-t-il ajouté, et je remercie la communauté du Raincy d’avoir donné à sa synagogue le nom de mon grand-père, le grand rabbin Henri Schilli zatsal. »

De nombreux élus étaient présents, dont le ministre de l’intérieur et ancien maire PS d’Epinay, Bruno Le Roux. Celui-ci a laissé parler son cœur, promettant un combat sans relâche contre l’antisémitisme et encourageant en ce sens le préfet de Seine-Saint-Denis nommé il y a quelques mois, Pierre-André Durand, qui était l’un des invités d’honneur du dîner. Sur le plan politique, Sammy Ghozlan et le président du CRIF, Francis Kalifat, ont demandé la dissolution du BDS et une lutte sans merci contre la propagande haineuse des municipalités communistes qui prônent illégalement le boycott d’Israël et traitent en héros des chefs terroristes palestiniens.

La famille de Yotam Sitbon était aussi invitée d’honneur. Le député UDI des Français de l’étranger Meyer Habib a rendu un hommage émouvant aux parents de ce bébé franco-israélien amputé du pied suite à un attentat aveugle perpétré en décembre 2016 à Jérusalem.

Axel Gantz

 

 

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