2 Tishri 5778‎ | 22 septembre 2017

Étudier le Chabbat… et penser à ses actes

Chlomo Messica
Étudier le Chabbat

« Moché convoqua toute la communauté des enfants d’ Israël et leur dit : “Voici les choses que l’Éternel a ordonné d’observer. Pendant six jours le travail sera fait, mais au septième vous aurez une solennité sainte…” » (Chémot 35, 1-2). Nos Sages (Talmud de Jérusalem Méguila 4, 1) déduisent de ce verset que l’on a l’obligation, chaque Chabbat et jour de fête, d’étudier des textes de la Torah relatifs aux périodes en cours. De fait, cet enseignement ressort clairement de ce verset. En convoquant l’assemblée, Moché annonça : « Voici les choses… » – autrement dit, cette même chose que je viens de faire, à savoir vous rassembler tous pour entendre les préceptes du Chabbat – « …l’ Éternel a ordonné de l’ observer » – Il vous prescrit de le reproduire lors de chaque célébration, en vous réunissant pour suivre des cours de Torah ! (Rabbi ‘ Haïm Vital).

La flamme du Chabbat

« Vous n’ allumerez de feu dans aucune de vos demeures le jour du Chabbat » (35, 3). Pourquoi est-il précisé de nouveau : « le jour du Chabbat » ? C’est pourtant clairement le contexte de ce verset ! Autrefois, la secte des saducéens, qui lisait la Torah littéralement sans faire cas de la tradition orale, estimait que pendant le Chabbat, il est interdit de laisser brûler un feu même s’il a été allumé la veille. De ce fait, ces hommes restaient dans l’obscurité pendant tout ce jour et consommaient des plats froids. Pour nous apprendre que cette approche est fausse, la Torah souligne ici : « Vous n’ allumerez pas de feu… le jour du Chabbat » – mais la veille en vue du jour saint, vous pouvez le faire ! (Maguid Mécharim de rav Yossef Karo).

Du fil… à retordre

« Toute femme dotée de sagesse de cœur (…) et toute femme portée par son cœur fila le poil de chèvre » (35, 26). Était-ce donc là la seule aptitude de ces femmes dotées de sagesse de cœur : « Elles filèrent du poil de chèvre » ?! Il s’agit pourtant d’une activité rudimentaire ! En vérité, c’est précisément là ce que la Torah vient ici souligner. Nos Sages enseignent en effet : « Quiconque s’ enorgueillit de sa sagesse finira par la perdre » (Pessa’ him 66/b). Or, les femmes dont il est question ici furent « portées par leur cœur » – elles se flattèrent d’être capables de prendre part à l’ouvrage. C’est pourquoi leurs compétences finirent par les quitter,et elles durent se borner à filer du poil de chèvre… (Rabbi Avraham Cohen de Tunis).

À quoi sert l’or ?

« Tout l’ or employé à cette œuvre, aux diverses parties de l’œuvre sainte » (38, 24). Le Midrach enseigne : « Le monde ne méritait pas de faire usage de l’ or. Si ce métal a été créé, c’ est uniquement pour le Temple, comme il est écrit : “L’ or de cette contrée est bon”(Béréchit 2, 12). Or le “bon” fait référence au Temple… » (Béréchit Rabba 16, 2). C’est précisément cette idée que la Torah souligne dans notre verset : « Tout l’ or » – c’est-à-dire l’existence même de l’or ici-bas est justifiée uniquement pour être « employé à cette œuvre » ! (Rabbi Vidal HaTsarfati).

L’acte et la pensée

« Moché examina tout le travail : ils l’ avaient exécuté conformément aux prescriptions de l’ Éternel ; ainsi l’ avaient-ils exécuté. Et Moché les bénit » (39, 43). Quelle fut sa bénédiction ? Rachi écrit : « Daigne D.ieu faire reposer la Chékhina sur l’œuvre de vos mains ! » De fait, la Torah souligne ici que les enfants d’Israël avaient accompli tout l’ouvrage suivant l’ordre divin – « ils l’ avaient exécuté conformément aux prescriptions de l’ Éternel… ». Mais Moché remarqua alors que dans certains détails, leurs intentions n’avaient pas été parfaitement conformes à ce que D.ieu attendait d’eux. C’est pourquoi il les bénit en priant pour que la Chékhina repose sur « l’œuvre de leurs mains », même celle qui n’avait pas été réalisée avec les pensées requises. Cette prière est également valable pour toutes les mitsvot que nous accomplissons : même lorsque les intentions qui les accompagnent ne sont pas idylliques, nous demandons à D.ieu de les agréer et d’y faire reposer Sa Chékhina (le ‘ Hida).

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