1 Tammuz 5777‎ | 25 juin 2017

Jérusalem : Décès du Hakham Barashi à lâge de 117 ans

Le  6  mars  dernier,  est  décédé  le Hakham  Zékharya  Barashi,  doyen  des  habitants  de  Jérusalem  et  grande  figure  spirituelle  de  la  communauté  juive  kurde  dIsraël.  Né  selon  des estimations non-officielles, dans un village du Kurdistan irakien, il était le fils dun rabbin qui consacrait  sa  vie  à  la  diffusion  du  judaïsme  en  se  déplaçant  de  village en  village  pour dispenser ses enseignements de Torah. Le rav Zékharya Barashi commença, dès son jeune âge,  à  donner  cours  en  public.  Il  monta  en  Israël  dans  les  années  trente.  Dès  son  arrivée,  il entreprit  les  démarches  nécessaires  pour  que  ses  parents  puissent  le  rejoindre  et,  en dépit des  nombreux  obstacles,  il  parvint  à  les  faire  venir  en  Israël.  Il  les  accueillit  chez  lui,  se souciait  de  pourvoir  à  tous  leurs  besoins  et  leur  vouait  un  grand  respect.  Pour  obtenir  son gagne-pain  il  sorienta,  dans  un  premier  temps,  vers  les  travaux  de  construction,  tout  en continuant parallèlement à dispenser des cours dans les synagogues. En outre, il fut lun des fondateurs de lorganisation des Juifs originaires du Kurdistan et participa à la publication de manuscrits de Juifs kurdes. A partir de 1950, il devint fonctionnaire de la mairie de Jérusalem et  travailla  au  sein  du  département  de  léducation.  En  1980,  il  fut  désigné  parmi  « les notables  de  Jérusalem », « Yékiré  Yérouchalayim »,  pour  son  action  remarquable  en  faveur de  la  capitale  dIsraël  et  pour  son  dévouement  à  légard  de  la  communauté  juive  dorigine kurde.  Ce  titre  honorifique  lui  a  été  attribué  par  le  Président  de  lEtat  de  l’époque,  Itshak Navon, et par le maire de Jérusalem d’alors, Teddy Kollek. Le Hakham Barashi a rédigé une série douvrages intitulée « Yalkout Barashi » qui traite des commentaires sur la Paracha et le Zohar. Jusquà ses derniers jours, ce grand homme vivait dans son appartement situé dans le quartier de Baka et, selon le témoignage de ses petits-enfants, malgré son âge très avancé, il était indépendant et restait fidèle à son programme détude quotidienne. Lan dernier, à loccasion  dun  entretien  mené  par  des  journalistes  israéliens,  il  avait  livré  le  secret  de  sa longévité qui,  avait-il  rappelé,  est  formulé  explicitement  dans  notre  Torah: « Honore  ton père   et  ta  mère  afin  que  tes   jours   se  prolongent… ».  Quiconque  veille   à   accomplir  ce commandement  scrupuleusement  mérite  de  vivre  longtemps. Autre  conseil  donné  par  cet  érudit: « la Torah nous enjoint : « ne te venge pas et ne garde pas rancune » et « ne hais point ton frère en ton cœur » – il nous est interdit de haïr un Juif, quel qu’il soit, même s’il est notre rival  –  tel  est  le  secret  pour  vivre  heureux  et  pour  vivre  longtemps.  En  respectant  ces  lois, notre cœur reste calme et serein… par expérience », avait-il affirmé. En ce qui concerne les règles  alimentaires,  il  avait  cité  un  principe  de  Maïmonide  selon  lequel  « la  gloutonnerie constitue  le  début  de  la  maladie ».  Le Hakham  Barashi  recommandait,  en  vertu  de  ce  précepte, de ne pas manger à satiété et de respecter un régime alimentaire sain. Il avait résumé ainsi ses trois conseils : « sois toujours heureux, ne sois pas jaloux et ne mange pas trop… ». De son vivant, le Hakham Barashi avait perdu son  épouse et trois parmi ses huit enfants. Il laissa derrière lui une belle descendance composée de 29 petits-enfants, 72 arrières petits-enfants  et  24  arrières  arrières  petits-enfants  à  qui il  légua  en  héritage  son  « chem  tov »,  sa bonne renommée. Yéhi Zikhro Barou’h ! Yokheved Levy

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