25 Adar 5781‎ | 9 mars 2021

Emmanuel Macron « victime » de son passé chez Rothschild

Une caricature du candidat « social-libéral » a été retirée du site des Républicains après avoir provoqué un tollé. Elle était d’inspiration antisémite. François Fillon, indigné, a promis de sanctionner les responsables de cette publication. Le dessin a choqué de nombreux internautes et commentateurs. Publiée sur le site web des Républicains, une caricature d’Emmanuel Macron le représentait début mars affublé d’un nez crochu, d’un chapeau haut-de-forme et d’un cigare géant. Elle rappelait les codes visuels de l’antisémitisme des années trente. On sait que le candidat « social-libéral » à la présidentielle et donné vainqueur par les sondages, a travaillé à la Banque Rothschild (de 2008 à 2012), avant d’être nommé ministre de l’Economie de François Hollande.  Réaction du porte-parole d’Emmanuel Macron, Benjamin Griveaux : « L’usage de vocables et représentations puisant dans l’imaginaire antijuif est extrêmement préoccupant pour la qualité républicaine des débats, mais aussi pour l’état d’esprit qui prévaut dans certains états-majors ». Gilles Clavreul, délégué interministériel à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, a estimé également que ce genre de dérapage « abaissait la démocratie. Les partis doivent veiller à enpréserver la dignité », a-t-il dit. Le dessin a finalement été retiré du site des Républicains, le 11 mars, « pour éviter la polémique ». Bernard Accoyer, secrétaire général du mouvement, a présenté ses excuses. Indigné, le candidat du parti François Fillon a même promis de sanctionner les responsables de cette publication à ses yeux « inacceptable ». L’incident est clos mais cette affaire s’inscrit dans un contexte inquiétant. L’extrême droite n’est pas la seule à utiliser des arguments complotistes à l’encontre d’Emmanuel Macron, en répétant jour après jour qu’il est soutenu par « le système », « la finance » et par des personnalités dont les noms sont jetés en pâture à l’opinion dans les meetings de Marine Le Pen : Jacques Attali, Alain Minc ou le magnat franco-israélien de la presse Patrick Drahi. Nul n’ignore dans l’électorat que ces trois hommes sont juifs. Or, les diatribes populistes du FN sont reprises par des ténors politiques habituellement plus modérés. On dit que le candidat centriste est « mondialisé » et « antipatriote ». A gauche, on estime qu’un ex-cadre de la Banque Rothschild est forcément « sous influence » occulte, servirait des intérêts privés et serait par définition incapable de comprendre « le peuple ». Des accusations nauséabondes. Axel Gantz

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