21 Av 5779‎ | 22 août 2019

Le centre de gravité d’Israël se déplace vers l’Extrême-Orient et la zone Pacifique

Agenda chargé pour Binyamin Nétanyaou : dans la semaine du 19 au 26 février, le Premier ministre israélien s’est rendu successivement en visite officielle à Singapour (où il a rencontré son homologue Lee Hsien Loong) puis en Australie, où il a été accueilli par le Premier ministre Malcolm Turnbull. Objectif de ces voyages : renforcer les relations politiques et économiques entre l’Etat hébreu et les pays de la zone Asie-Pacifique. Première visite d’un chef de gouvernement israélien depuis 30 ans, s’arrêter à Singapour s’imposait : peu après son indépendance en 1965, ce petit Etat asiatique de 5,5 millions d’habitants (devenu depuis la 4e place financière au monde), ,a décidé d’établir des relations diplomatiques avec Jérusalem en 1969. Entouré de pays musulmans (87 % des Indonésiens sont musulmans et l’islam est « religion d’Etat en Malaisie), Singapour avait demandé à Israël de former et d’équiper ses forces militaires. Il en a résulté » de fructueux échanges économiques (2 milliards de dollars en 2013). De plus, Singapour est l’un des 41 pays qui ont refusé de soutenir en 2012 la résolution sur le Statut de la Palestine aux Nations unies. Binyamin Nétanyaou a trouvé le temps de se rendre à la synagogue Maguen Avoth de Singapour (ville où résident 2 500 juifs). Dans les murs de cet édifice érigé au 19esiècle par des commerçants venus de Bagdad, il a déclaré qu’« Israël se bat pour l’avenir du monde ».

Un immense marché de 1000 milliards de dollars

Mercredi 22 février, Binyamin Nétanyaou est arrivé en Australie où ila été accueilli en grandes pompes par son homologue australien Malcolm Turnbull. Les relations entre les deux pays sont bien antérieures à 1948. Dès la Première Guerre mondiale, des troupes australiennes ont participé aux côtés des Anglais à la conquête de la Palestine, alors province ottomane. Si plus tard, plusieurs responsables australiens se sont ouvertement opposés à Israël sur la scène diplomatique, un changement semble être intervenu en décembre dernier, après que l’Australie ait déploré le vote de la résolution 2334 des Nations unies. Au cours des discours officiels et de leur rencontre lors d’un dîner rassemblant plus de 400 hommes d’affaires des deux pays, les deux hommes ont évoqué un certain nombre de dossiers – la lutte contre le terrorisme, l’Iran, la situation au Moyen-Orient. Mais pour le Premier ministre israélien, il est clair qu’« avec un marché intérieur de 1000 milliards de dollars, Israël doit s’efforcer de commercer davantage avec cet immense continent. Or l’année dernière, les échanges se sont limités à 1,1 milliard de dollars ». Pour l’heure, il semble bien établi qu’à Melbourne on ait décidé de développer – jusqu’à 25 milliards de dollars – le budget de la défense, pour des raisons d’« équilibre régional ». Une nouvelle orientation dont Israël saura profiter. Présent dans la délégation israélienne, Aviv Sim’hon, qui chapeaute le Conseil national économique, déclara : « Ces visites officielles sont un signal fort envoyé aux businessmen de cette région du monde pour les encourager à commercer avec Israël.» Par ailleurs, on apprenait que le mois prochain, Binyamin Nétanyaou devrait se rendre en Chine et accueillir le Premier ministre indien au cours de l’été. A l’évidence, le centre de gravité d’Israël est en train de se déplacer vers l’Extrême-Orient et le Pacifique. DAVID JORTNER