19 Tishri 5780‎ | 18 octobre 2019

Le portail découvert à Beth Chéarim correspondrait à l’emplacement du siège du Sanhédrin ?

Lors de fouilles archéologiques entreprises ces derniers jours par l’université de Haïfa à Beth Chéarim (Basse Galilée), le seuil d’un portail de grande dimension a été découvert ainsi qu’une tour bâtie de pierres taillées… en quoi est-ce une belle surprise pour les archéologues et les historiens ? Comme nous le précise le Pr Erlich du centre d’archéologie, bien que cette localité ait été nommée « la maison des portails », cela ne devrait pas nous induire en erreur car « selon toutes les informations relatives à cette région dont nous disposons, celle-ci n’était censée être entourée ni d’une muraille et ni d’un portail … mais à présent, cette hypothèse semble être à revoir.» Que savons-nous de Beth Chéarim? Si ce site est la cible de recherches archéologiques régulières depuis 1936, c’est sans doute dû à son rôle historique majeur. En effet, Beth Chéarim abritait une population juive importante à l’époque du Second Temple, de la Michna et du Talmud. Cette localité a atteint son apogée lorsque Rabbi Yéhouda Hanassi (135-217) –Tana de la cinquième génération ayant été à l’origine de la compilation de la Michna- en a fait son lieu de résidence, mais aussi l’emplacement du siège du Sanhédrin dont il assurait la présidence. Pour rappel, le Sanhédrin était le tribunal rabbinique de plus haute instance, constitué de 71 membres ayant à sa tête, un Nassi (Président) et son adjoint, le Av Beth-Din. A l’origine, il était situé dans l’enceinte du Temple, au Lichkat Hagazit (« salle de pierres taillées ») puis a été déplacé à dix reprises. Le rôle du Sanhédrin était prépondérant, pour les décisions halakhiques, la fixation du calendrier…ainsi que pour son pouvoir politique auprès de l’Empire Romain puisqu’il représentait le peuple d’Israël.
En ce qui concerne les fouilles effectuées à Beth Chéarim, elles se focalisent essentiellement sur le parc national qui s’y trouve. Toutefois, depuis 2014, elles se sont également tournées vers la cour d’une maison privée, avec autorisation du propriétaire, où des pierres antiques ont été repérées. Et c’est précisément en ce lieu que le trésor archéologique- les vestiges d’une tour et le seuil d’un portail équipé de gonds pour fermer deux pans de près de quatre mètres de large -a été identifié.
Selon le Pr Erlich, la forteresse de cette région pourrait provenir du fait qu’habitaient en ce lieu, des personnalités riches et respectables et c’était certainement un domaine duquel les autorités récoltaient de lourds impôts. Aussi, à l’époque où le Sanhédrin y était installé, les Sages et les notables de la communauté juive résidaient à Beth Chéarim. Autre indication : le cimetière juif situé dans les environs servait tant aux Juifs d’Israël que de Diaspora. « Il se pourrait donc que la spécificité de cette région du fait de sa richesse explique la présence d’un portail ou, autre possibilité, il s’agirait d’une forteresse érigée par les Romains. »
Yokheved Levy