19 Av 5779‎ | 20 août 2019

Jonathan Touboul : « Souscrire aux Bond’s, un geste militant et… avisé »

Les bons du Trésor israélien permettent de soutenir l’Etat juif. Mais c’est aussi un placement performant. Le cap des quarante milliards de dollars d’investissements est franchi. Le directeur des Bond’s pour l’espace francophone nous en dit plus.

-Haguesher : Comment se portent les Bond’s depuis votre entrée en fonction, en septembre dernier ?-

Jonathan Touboul : A merveille. Le ministre des Finances israélien, Moshé Kahlon, vient de féliciter notre président mondial, Israël Maïmon, pour un chiffre révélé en ce début d’année 2017 : les bons du trésor de l’Etat juif ont franchi l’an passé la barre historique des quarante milliards de dollars d’investissements à travers la planète. A notre naissance, en 1951, sous l’impulsion de David Ben Gourion, nos prédécesseurs espéraient récolter deux cent cinquante millions environ la première saison. Ils ont obtenu quatre cent millions… Depuis, notre croissance n’a pas cessé – avec, bien entendu, des pics aux moments où l’existence d’Israël était en jeu et provoquait une mobilisation accrue : en 1967 ou 1973, par exemple.

– Souscrire aux Bond’s, c’est un acte militant ?- Oui et non. Ou plutôt : pas seulement. En tout cas, l’esprit a changé ces derniers temps. D’abord, les volumes sont impressionnants. Désormais, les investissements dépassent largement le milliard chaque année. Toutes sortes de gens, Juifs et non-Juifs, et d’institutionnels – caisses de retraite, etc. – sont suffisamment motivés pour souscrire. Car les Bond’s ne sont pas une entreprise de charité ! On donne, certes, mais on est gagnant. Les grandes agences d’études financières internationales ne s’y trompent pas puisqu’elles considèrent nos obligations comme un atout, une carte maîtresse favorisant la bonne note d’Israël (A+). Comme le disait récemment l’avocat Gilles-William Goldnadel, acquérir nos produits représente « un geste économiquement avisé, socialement responsable et stratégique pour Jérusalem ».

– Stratégique… ?- Oui, les Bond’s, c’est de l’argent frais qui permet de garantir des emprunts publics éventuels à hauteur de la moitié du budget de l’Etat. Dans un pays par ailleurs en forte croissance et qui ne subit pas des problèmes de déficit endémique comme certains Etats européens, c’est très utile. De fait, nous sommes partie prenante de la gestion rigoureuse, jugée ultra-performante par les experts, de l’économie israélienne.- Les Français sont-ils de bons contributeurs ?- Pas assez. Je déplore une méconnaissance de nos produits, alors qu’ils sont appréciés et répandus à grande échelle outre-Atlantique. C’est d’autant plus regrettable qu’on peut souscrire pour un montant très faible : il existe des bons du trésor à cent euros ! Nous souffrons dans l’Hexagone d’une réputation d’élitisme absolument infondée. D’autre part, nous avons dû ici nous adapter aux régulations imposées dans le sillage de la crise de 2008. Nous dépendons dorénavant de l’Autorité des marchés financiers (AMF) et de la Banque de France. Il y a donc eu une période de transition et de flottement. Nous communiquions moins. Aujourd’hui, la machine est bien repartie et nous avons de nombreux projets afin de mieux nous faire connaître. Nous venons d’ailleurs de lancer un nouveau site Internet : www.bondsisrael.com- Quels projets ?

– Il existe déjà des « Mazel tov Bond’s ». Ce sont en quelque sorte des « chèques-cadeaux » proposés à l’occasion des événements heureux de la vie. Mais au lieu d’offrir une certaine somme, on offre un ou plusieurs bons du Trésor israélien. Eh bien, dans un esprit similaire, nous allons développer nos initiatives dans différentes directions. On pourra bientôt souscrire en ligne pour de faibles montants. Il y aura aussi des réseaux professionnels autour des Bond’s, des clubs de rencontre et de débats réservés aux investisseurs d’une même branche d’activité… Je compte également multiplier les tables rondes et conférences, notamment autour de thèmes économiques. Celle que nous avons organisée le 12 janvier sur la menace de boycott des importations israéliennes a attiré deux cents personnes à Paris.

Propos recueillis par Axel Gantz