20 Tammuz 5779‎ | 23 juillet 2019

Un Lycée-yéchiva français à Jérusalem dans l’esprit du rav botshko

Ces  dernières  années,  l’alya  française  affiche  avec  persistance  des  chiffres  records.  Cephénomène conduit bon nombre de jeunes garçons à se trouver soudain projetés dans le système  scolaire  israélien,  bien  différent  de  son  homologue  français.  Soucieux  d’offrir une  réponse  aux  difficultés  de  leur  intégration,  le  rav  Nahum  Botschko  de  la  yechivat Hehal  Eliaou  a  mis  sur  pied  un  nouveau  projet,  qui  se  veut  être  la  fidèle  continuité du lycée juif religieux tel qu’on le connaît dans l’Hexagone. Entretien. Haguesher :  Rav  Nahum  Botschko,  pour  mieux  comprendre  l’objectif  de  votre  projet, pourriez-vous  nous  décrire  en  quelques  mots  la  situation  actuelle  d’un  jeune olé de France désireux de s’intégrer dans le système israélien ?-Depuis de  nombreuses années,  le  ministère de  l’Intégration propose aux  nouveaux arrivants de France une intégration directe dans les écoles israéliennes. Pour des élèves de classes de 6e, 5e  ou  4e,  le  passage  du  système  éducatif  français  vers  le  cursus  israélien  peut  être  faisable, quoique pas toujours de façon évidente. En revanche, pour les  élèves plus  âgés – notamment ceux de lycée – la transition se solde généralement par un échec. Depuis plus de 10 ans, j’aide personnellement des jeunes olim de France à s’intégrer dans l’armée et dans la vie israélienne. Le triste constat  de mon expérience est que, hormis  le problème de  la  langue,  les systèmes éducatifs  sont  extrêmement  différents,  si  bien  que  les  élèves  français  ne  parviennent  pas  à surmonter les difficultés.-  Vous  avez  donc  décidé  d’ouvrir  un  véritable  Lycée-yéchiva  français  au  cœur  de  Jérusalem…-: Exactement. Il  y a quelques semaines de cela,  nous avons reçu  l’approbation du  ministère de  l’Éducation  pour  ouvrir  un  département  français  au  sein  du  Lycée-yéchiva  Nétiv  Meïr,  à Bayit Végan. Nous comptons à terme ouvrir un classe de seconde, une classe de Premiere S etES et le même cursus pour la Terminale. Les cours de matières profanes y seront dispensés en français  pendant  une  heure  en  fin  de  matinée  et  pendant  encore  4  heures  les  après-midi.  En outre, nous accorderons un place importante aux études de kodech – 3 heures tous les matins –qui  se  dérouleront  quant  à  elles  en  hébreu,  mais  qui  seront  également  assurées  par  des enseignants  français.  De  la  sorte,  l’apprentissage  de  la  langue  se  fera  en  douceur,  et  sera  en plus  renforcé  par  un  oulpan.  Au  final,  les  élèves  obtiendront  ainsi  un  baccalauréat  français, tout en ayant acquis un sérieux niveau de kodech. – La section française sera-t-elle séparée de la partie israélienne ? – Seulement partiellement. En plus des prières et des repas qui se dérouleront en commun, les élèves  français participeront  à de nombreuses activités avec  le reste de l’établissement, telles que des excursions. Cela leur permettra de développer des contacts avec les jeunes israéliens et contribuera à leur intégration. En outre, notre structure sera un semi pensionnat, puisque les élèves  y  dormiront  2  fois  par  semaine.  Pendant  ces  soirées  passées  au  Lycée-yéchiva,  ils prendront  part  à  l’étude  commune  avec  les  israéliens.  Finalement,  ce  sont  uniquement  les cours proprement dits qui se dérouleront séparément. – Quels sont vos principaux objectifs pour vos futurs élèves ? -Nous avons trois  fils conducteurs : une étude kodech qui conduise  à l’amour de  la Torah, l’obtention du baccalauréat et l’intégration dans la société israélienne, ce qui comprend l’entrée dans l’armée ou les yéchivot hesder. Pour la suite de leur cursus, nos élèves auront accès aux études  supérieures  comme  tout  israélien,  avec  l’avantage  que  certains  baccalauréats  français sont très prisés auprès des universités locales. –  Compte  tenu  de  votre  appartenance  au  mouvement  sioniste-religieux,  cela  aura-t-il  une  résonance au sein de cette structure ?

–  Effectivement,  notre  système  éducatif  sera  basé  sur  les  principes  du  mouvement  sioniste-religieux.  Néanmoins,  il  faut  savoir  que  jusqu’à  ce  jour,  l’alternative  pour  les olim religieux est  la  suivante : ils  peuvent  soit  intégrer  le  système  d’étude  du  monde ‘harédi,  qui  est principalement  axé  sur  le koulo  kodech [étude  de  la  Torah  à  plein  temps].  Ou  encore,  ils peuvent entrer dans certains autres établissements qui proposent aussi le baccalauréat français, mais  dont  le  niveau  de  respect  de  la  Torah  ne  correspond  pas  du tout  à  celui  des  écoles religieuses  françaises.  Nous  proposons  donc  une  troisième  option,  qui  permettra  aux  jeunes arrivants  de  passer  le  baccalauréat  français  au  sein  d’une  structure  religieuse,  quoique  n’appartenant effectivement pas au courant ‘harédi.