23 Heshvan 5780‎ | 21 novembre 2019

Le lycée musulman Averroès condamné par la justice

Début février, le tribunal de Nanterre (Hauts-de-Seine) a blanchi le professeur de philosophie Soufiane Zitouni, poursuivi pour diffamation après avoir signé une tribune dans le quotidien Libération contre le lycée musulman Averroès de Lille (Nord), où il enseignait avant son licenciement. Il y dénonçait l’antisémitisme régnant dans l’établissement, pourtant considéré comme un modèle en matière d’intégration républicaine, de pédagogie innovante et de défense d’un islam tolérant. Soufiane Zitouni accusait le lycée de « dérives salafistes ».
« Le jugement montre que je ne suis pas un affabulateur comme l’ont prétendu les dirigeants d’Averroès, souligne le professeur. Ces gens-là veulent instrumentaliser la justice pour faire avancer leurs idées. Ceux qui ne pensent pas comme eux sont de plus en plus attaqués. »
Dans ses attendus, le tribunal – qui a condamné les plaignants aux dépens, autrement dit aux frais de procédure – estime que « le double langage et la confusion entre religion et éducation dénoncés par Soufiane Zitouni sont constitués. Celui-ci n’a fait qu’exercer sa liberté d’expression et d’opinion ».
L’intéressé avait tout de même été condamné pour injure et diffamation non publique dans un autre procès contre les responsables du lycée confessionnel lillois. A l’origine de la plainte : un mail expédié à ses ex-collègues. Il y traitait notamment l’établissement de « nid de vipères hypocrites ». Cette décision à son encontre est examinée actuellement par la Cour de cassation.
Axel Gantz