23 Tishri 5780‎ | 22 octobre 2019

Créteil : tension politique dans l’affaire Alain Ghozland zal

Alain Ghozland zal, figure de la communauté juive de Créteil, a été assassiné le 11 janvier 2016. Les deux meurtriers présumés, Ramzi M. (22 ans) et Djibril F. (23 ans), sont en détention provisoire dans l’attente de leur procès, qui devrait se tenir en 2018. Mais l’affaire rebondit ces jours-ci sur le plan politique.
Thierry Hebbrecht, président du groupe Les Républicains au conseil municipal de la ville et ami du disparu, s’indigne qu’Abraham Johnson ait été choisi pour défendre Ramzi M, car cet avocat siège lui-même à la mairie : c’est un élu socialiste qui travaillait avec Alain Ghozland zal dans le cadre du conseil municipal. Le défunt était, sous l’étiquette des Républicains, doyen de l’assemblée dirigée par le premier magistrat de la commune, Laurent Cathala (PS). « Tout accusé a droit à une défense, c’est évident, a déclaré Thierry Hebbrecht. Mais il est inconcevable qu’Abraham Johnson puisse s’en charger. Ce serait contraire à la déontologie, au sens moral, au respect et à la solidarité. Je m’étrangle devant tant de cynisme, alors que l’avocat était assis à deux rangs d’Alain, qu’ils rigolaient ensemble… » De fait, un conflit d’intérêts pourrait être soulevé par l’une des parties ou par les magistrats, puisqu’Abraham Johnson entretenait des liens personnels avec le défunt, dont la famille sera en quelque sorte son « adversaire » dans l’arène judiciaire. « On est surpris, choqués, réagit une nièce d’Alain Ghozland zal. Ils se connaissaient depuis de longues années. Comment est-ce possible ? »
Thierry Hebbrecht a demandé par courrier à Laurent Cathala de condamner le comportement de l’élu socialiste et de l’exclure du conseil. L’intéressé estime qu’une telle « pression » est « inacceptable » et réplique en rappelant que le président du groupe Les Républicains est candidat aux prochaines législatives dans la deuxième circonscription du Val-de-Marne. « Thierry Hebbrecht veut instrumentaliser ce drame à des fins électorales », dit-il. « Cela n’a rien à voir, proteste ce dernier. Je me bats pour Alain, un ami de vingt ans. »
Axel Gantz