14 Iyyar 5779‎ | 19 mai 2019

Obama et la résolution 2334 : les Juifs américains déplorent un « séisme »

Seule  J  Street,  ancrée  à  gauche, a approuvé  l’attitude  de  l’administration  sortante. Les autres associations juives des États-Unis regrettent l’attitude « honteuse » du président Obama. À  l’exception  de  J  Street,  groupe  d’influence  peu  représentatif  qui  entend  défendre aux  Etats-Unis  les  options  de  la  gauche  et  de  l’extrême  gauche  israéliennes,  les organisations juives américaines ont condamné la résolution onusienne. Tandis que J  Street  a  salué  la  « politique  équilibrée  et  bipartite »  de  l’administration  Obama  et approuvé  son  abstention  lors  du  vote  controversé  au  Conseil  de  sécurité,  l’AIPAC, principal lobby pro-israélien à Washington, a estimé que la résolution démontrait une fois encore que les Nations Unies se comportaient en « forum destiné à isoler et délégitimer l’État juif ». Le B’nai Brith a évoqué un « déséquilibre diplomatique obscène », l’ONU s’alignant sur la position palestinienne. La Coalition juive républicaine, qui a soutenu  la  candidature  de  Donald  Trump  à  la  Maison-Blanche,  a déploré  « un moment  sombre  et  honteux  pour  les  États-Unis ».  Et  d’ajouter : « Le  président Obama  a  permis  aux  Nations  Unies  de  fustiger  Israël,  notre  plus  grand allié au Proche et au Moyen-Orient ». Quant au Congrès juif américain, il a demandé aux parlementaires de diligenter une enquête sur la décision exceptionnelle de l’exécutif de ne pas apposer son veto lors de l’adoption de la résolution 2334 intervenue à New York. Pour cette organisation, «des  questions  sérieuses  doivent  être posées  à  l’administration après  le  vote  d’un texte partial et biaisé qui place Israël en danger juridique international et prétend que les lieux saints juifs de Jérusalem ne feraient plus partie du pays ». Pour le Congrès, la  posture inédite  du  président  Obama  représente  un  « séisme »  dans  l’histoire diplomatique des États-Unis. Cette  affaire  a  coïncidé  avec  ‘Hanouka  et  les  critiques  des  associations  juives  ont alimenté les polémiques et les propos antisémites émanant de la gauche comme du camp  conservateur.  Ainsi,  les  vœux  adressés  par  Donald  Trump  à  la  communauté juive  pour  la  fête  des  Lumières  ont  servi  de  prétexte  et  de  détonateur  à  un  déchaînement haineux sur Internet. Deux obsessions revenaient en boucle : les « droits des Palestiniens »  et  la  « traîtrise »  du  nouveau président,  qui  serait  sous l’influence  de sa  fille  Ivanka  et  de  son  gendre  juif,  Yared  Kushner. « Nous  avons  choisi  Trump parce que nous pensions que c’était un bon chrétien, pouvait-on lire. Nous ignorions qu’il soutenait les Juifs sataniques ». Quand Ivanka a posté sur le web la photo de sa famille  allumant  les  bougies  à  Hawaï,  où  elle  se  trouvait  en  vacances,  d’autres messages antisémites ont  été enregistrés, injurieux à l’égard du pouvoir en général et des associations juives. Axel Gantz