15 Adar I 5779‎ | 20 février 2019

Un énorme revirement américain à l’ONU

Israel's Ambassador to the United Nations Danny Danon addresses a United Nations Security Council meeting on the Middle East at U.N. headquarters in New York, January 26, 2016. REUTERS/Mike Segar - RTX243BR

Le refus des États-Unis d’exercer, au soir du 23 décembre dernier, leur droit de veto au Conseil de Sécurité de l’ONU et leur abstention lors d’un vote qualifiant d’« illégales » toutes les localités juives de Judée-Samarie rompent avec une longue tradition diplomatique scrupuleusement respectée jusque-là par chaque administration américaine… Et ce, après que le secrétaire général sortant de l’ONU, Ban Ki Moun, ait reconnu voilà quelques jours la partialité onusienne vis-à-vis d’Israël ! La résolution 2334, qui a été adoptée au Conseil de sécurité de l’ONU par 14 voix en sa faveur et grâce à l’abstention américaine,dénonce « la colonisation israélienne dans les territoires palestiniens occupés » : une décision qualifiée d’« historique » par les experts et qui s’inscrit en totale contradiction avec la position maintenue par tous les gouvernements des USA depuis plus d’un demi-siècle. Déjà au temps de l’hostile président Jimmy Carter…On se souvient que jusqu’à Barak Obama, ce fut Jimmy Carter qui défendit les positions les plus hostiles jamais formulées par la Maison Blanche face à Israël.Considérant – à tort – que la fameuse Résolution 242 de l’ONU impliquait qu’Israël s’était « illégalement » approprié la Judée-Samarie et l’Est de Jérusalem et qu’il devait se retirer de « tous » les territoires acquis en juin 1967, Carter n’a cessé de prôner depuis la création d’un État palestinien sur ces mêmes territoires. Le tout en faisant mine s’ignorer que ce texte onusien appelait aussi à « la fin de toute revendication » et de « tout état de guerre » de la part des pays arabes vis-à-vis d’Israël, à l’établissement pour lui de « frontières sûres et reconnues », ainsi qu’à un règlement « équilibré du problème des réfugiés palestiniens »…Une position qui tranchait nettement d’avec celle des administrations précédentes et suivantes (dont celles de Donald Reagan et de Bill Clinton) pour qui les implantations juives étaient « illégitimes » et constituaient seulement « un obstacle à la paix », mais sans revêtir de caractère « illégal ». Ce qui vient pourtant d’être prôné par Obama : cette même ligne dure que Carter développa dans son livre ultra-partisan paru en 2006 et intitulé « Palestine : Peace and not Apartheid » !

Un « cadeau » empoisonné légué par Obama à Trump et NétanyaouOn se souvient aussi qu’Obama ait déjà exigé, dès le début de son premier mandat en 2009, qu’Israël institue un gel total des constructions juives dans « les territoires palestiniens ». Ce que Nétanyaou a accepté pendant dix mois (d’octobre 2009 à juillet 2010) dans le but de relancer les négociations avec l’AP, mais en vain…Après cet ultime revirement spectaculaire des USA, la presse a souligné les relations très houleuses entre Obama et Nétanyaou : « Il apparaît désormais que ce président canard boiteux, libéré de toute contrainte partisane, a l’intention  d’utiliser son dernier mois au pouvoir pour faire un doigt d’honneur à Israël à l’ONU », devait commenter un éditorial du Jerusalem Post en anglais. Qualifiée par le Boston Herald de « dernier acte de mauvaise gouvernance internationale d’Obama pensé pour blesser Nétanyaou de façon très personnelle », l’abstention américaine à l’ONU « blesse aussi le seul allié et la seule nation démocratique de la région ». Quant au journal américain New York Post, il a dénoncé « cette trahison choquante un geste sournois et malhonnête à l’encontre d’un allié ferme des États-Unis ». Richard DarmonArticle N° 2 en « encadré »   Parmi les décisions prises contre Israël  par le Conseil de Sécurité de l’ONU…Résolution 242 du 22 novembre 1967

- Le Conseil de sécurité (CDS) condamne l’«acquisition de territoire par la guerre» et demande le «retrait des forces armées israéliennes de [certains]territoires occupés».Résolution 252 du 21mai 1968  - Le CDS déclare «non valides» les mesures prises par Israël, dont l’«expropriation de terres et de biens immobiliers», qui visent à «modifier le statut de Jérusalem»et lui demande de s’abstenir de prendre de telles mesures. Résolution 446 du 22 mars 1979  – Le CDS exige l’arrêt des «pratiques israéliennes visant à établir des colonies de peuplement dans les territoires palestiniens et autres territoires arabes occupés depuis 1967. Ces pratiques n’ont aucune validité en droit». Résolution 465 du 1er mars 1980 – Le CDS considère que « toutes les mesures prises par Israël pour modifier le caractère physique, la composition démographique, la structure institutionnelle ou le statut des territoires palestiniens et des autres territoires arabes occupés depuis 1967  ou de toute partie de ceux-ci n’ont aucune valeur en droit et que la politique et les pratiques d’Israël consistant à installer des éléments de sa population et de nouveaux immigrants dans ces territoires  font gravement obstacle à l’instauration d’une paix d’ensemble, juste et durable au Moyen-Orient ». Résolution 605 du 22 décembre 1987  – Après le début de la 1re Intifada, le CDS condamne les pratiques d’Israël «qui violent les droits de l’homme du peuple palestinien dans les territoires occupés, en particulier le fait que l’armée israélienne a ouvert le feu, tuant ou blessant des civils palestiniens». Résolution 1322 du 7 octobre 2000  – Suite au déclenchement de la 2e Intifada, le CDS déplore les violences et condamne le «recours à la force excessif contre les Palestiniens». Il demande à Israël de respecter ses obligations relatives à la convention de Genève. Résolution 1860 du 8 janvier 2009 – Après l’opération de Tsahal à Gaza, le CDS exige «l’instauration immédiate d’un cessez-le-feu durable et pleinement respecté menant au retrait total des forces israéliennes de la bande de Gaza».Résolution 2334 du 23 décembre 2016 Pour le CDS, « les implantations de Cisjordanie et des quartiers de Jérusalem-Est n’ont pas de validité juridique. Elles constituent une violation flagrante du droit international et un obstacle majeur à la mise en place d’une solution à deux États et à une paix juste, durable et complète ». Elle demande aussi « l’arrêt immédiat de toute construction dans les implantations ». Richard Darmon