29 Av 5777‎ | 21 août 2017

La grève des pilotes d’EL AL discrédite la réputation de la compagnie aérienne d’Israël

Le bras de fer entre la direction d’EL AL et les pilotes se poursuit et même s’intensifie. Dimanche 13 novembre, le vol pour New York est annulé à la dernière minute. Lundi matin 14 novembre, c’est au tour du vol pour Beijing d’être suspendu. Mercredi 16 novembre, à l’aéroport de Bruxelles des passagers en partance pour Tel-Aviv apprennent au dernier moment qu’EL AL vient d’annuler leur vol. Annulé également le vol TLV-Bruxelles de l’après-midi. Le même jour, c’est le vol en partance de Tel-Aviv pour Hong Kong qui est annulé, ainsi que le vol de retour au départ de Hong Kong.
Et après une semaine mouvementée, aucune sortie de crise n’est en vue. Pourtant, en juin 2015, par un accord signé avec la direction d’EL AL, ses employés (et donc les pilotes) s’engageaient pendant 3 ans à ne pas remettre en cause les conditions de travail. En retour, la direction dégageait à leur intention un bonus de 3 millions de dollars d’augmentations salariales.

De quoi se plaignent les pilotes  ?
On aurait trop de croire que leurs revendications portent directement sur les salaires. En moyenne, les pilotes d’EL AL touchent quelque 80 000 shekel par mois ce qui est considéré comme un très haut salaire en Israël. Mais ce qui est en jeu, c’est l’application des règles concernant la limitation des temps de vol, auxquelles Israël vient de souscrire après l’Europe et les États-Unis. Pour des raisons évidentes de sécurité, celles-ci stipulent que les pilotes ne peuvent pas voler plus de 60 heures par semaine (ou 190 heures par mois, ou encore 1 000 heures par an). Le problème, c’est qu’au fil du temps, et avec le consentement de la direction, les pilotes d’EL AL ont effectué de nombreux vols en heures supplémentaires, qui leur sont naturellement bien mieux payées.

Soutien discret de la Histadrout
Récemment, le syndicat des pilotes et la direction d’EL AL se sont rencontrés pour tenter de renégocier leurs salaires, de telle sorte qu’ils puissent bénéficier des mêmes revenus tout en se confortant à la réglementation qui limite leur temps de vol. Ces négociations ont échoué parce qu’il était tacitement entendu que l’on pouvait continuer à fonctionner comme par le passé. Dans ce bras de fer, les débrayages sont facilités par le manque de pilotes israéliens. Ces derniers n’acceptent de piloter sur des vols long-courriers que si la direction leur garantit que le retour sera assuré par un autre équipage. Une seconde tactique consiste à se mettre en congé de maladie à la dernière minute, ce qu’autorisent les règles de sécurité.
Pour l’instant, en dépit d’un niveau de salaires auquel la Histadrout n’est pas habituée, la centrale syndicale semble prendre leur défense en déclarant : « La direction d’EL AL continue à demander aux pilotes de travailler deux ou trois fois plus à temps complet, ce qui n’est pas le cas dans les autres compagnies. »
Outre les personnels navigants, qui se retrouvent cloués au sol, les premières victimes de ce conflit sont naturellement les passagers. Fort heureusement, grâce aux accords Open Skies signés en avril 2013, lorsqu’elle ne les rembourse pas purement et simplement, la direction d’EL AL leur propose d’arriver à destination (souvent après un stop-over) en les orientant vers une autre compagnie.

Un accord coûtera cher
Tout cela contribue à entacher l’image de la compagnie aérienne emblématique d’Israël. Selon les statistiques de FlightStats, EL AL se classe au dernier rang de 42 compagnies aériennes pour son manque de ponctualité : seulement 38 % des vols arrivant à l’heure prévue, avec un retard moyen de 44 minutes. David Maïmon, le Directeur exécutif d’EL AL, qui semble impuissant à sortir de la crise, pourrait y perdre son siège. Le conseil d’administration vient de faire savoir qu’il ne méritait pas son salaire de 5 millions de shekels. En bourse, l’action d’EL AL a perdu 3 % en moins d’un mois. Il faudrait pouvoir parvenir à un accord sans déstabiliser les finances de la compagnie. La loi sur la limitation du temps de vol entrera en vigueur en mai 2018. Faute de quoi, Israël devra rendre des comptes à l’IATA, l’Association du transport aérien international.

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